jeudi 31 mai 2007

SUPERSTITION




La plus belle époque de ma vie, le lycée Louis Armand! Pour une fois, on était libre entre les cours, on n'était plus obligé d'aller s'emmerder dans les salles d'études.

Le proviseur du bahut avait créé une salle spécifique ou l'on pouvait écouter de la musique entre les heures de cours. Fabuleux! On n'y allait avec nos petites copines, on y pratiquait tout un tas d'activités ludiques que j'éviterai ce vous citer dans ce papier.


Mais surtout, on s'infligeait des décibels de musique d'anthologie: Velvet Underground, Bowie, Who, Led Zeppelin, Crimson, James Brown, Dylan, CSNY, Tim Buckley, CCR, Led Zeppelin, Floyd... et Stevie Wonder dans sa meilleure période.

A l'époque, Stevie Wonder, 22 ans et déjà 17 ans de carrière, n'était déjà plus Little Stevie Wonder, ex-petit progique de la Motown qui ravissait les blancs toujours soucieux de manifester charité et condescendance à l'égard d'un petit black aveugle, malgré tout si mignon, et ne chantant pas si mal que ça... Le syndrome "minorité visible qui a néanmoins du talent et qui prouve qu'on peut s'en sortir si l'on veut" (air archi connu), était déjà en vogue.

Mais là, en 1972, beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts, les Black Panthers et Angela Davis avaient fait eux aussi leur entrée en scène, et les temps avaient changé, ainsi que Stevie. Malcom X avait été assassiné, et il était alors temps de reprendre les choses en main, car dorénavant on revendiquait un concept nouveau, le "Black is Beautiful". La cause était acquise à la subversion et à la contestation.

Avec "Superstition", le ton n'est plus aux mièvreries des chansonnettes qui plaisaient bien "aux blancs pas racistes et qui aimaient surtout les noirs quand ils possédent "ce sens du rythme inné" et un talent bien inoffensif", en définitive (syndrome "Compagnie Créole", les blacks bien rieurs qui amusent la galerie). C'est un morceau soul, rageur et une rythmique d'acier bien dans l'esprit du titre, c'est un titre "MILITANT" qui swingue à mort, et là Stevie Wonder se découvre un nouveau public, plus soul, plus rock et moins sensibilisé à la générosité de façade des progressistes bien pensants mais au final, terriblement conservateurs. Fini les fadaises et les sucreries, l'aveugle surdoué nous lache des albums qui entrent dans la mythologie, et l'on s'aperçoit que Wonder n'est pas qu'un karaoké survolté, mais surtout un compositeur de génie (cf. "Songs in the Key of Life" en 1977).


Il persévérera dans le militantisme dans toutes les années 70, inondant le marché de tubes irrésistibles, consacrant un titre hommage à Bob Marley ("Master Blaster") ou Martin Luther King ("Happy Birthday") en 1980. Mais avec "Superstition" en 1972, un nouveau Stevie Wonder était bel et bien nen phase avec son temps et ainsi naissait une légende!

Malheureusement, la suite de sa carrière se radoucit à nouveau, et Stevie se remit à faire de la variétoche et des choses plus prévisibles, évidemment dans les années 80.


Mais il est toujours impossible d'oublier cette intro au synthé métallique, ces trompettes stylisées Stax, et cette ryhmique d'acier dans ce hit qui tue et qui fut un authentique carton mondial.


"SUPERSTITION" de Stevie WONDER en 1973.

mercredi 30 mai 2007

La Phrase du Jour 104


«La violence, c’est quand même terriblement graphique. Il y a dedans une énergie cinégénique incroyable. On entre dans le domaine de la métaphore, du symbole.»


Abel FERRARA

mardi 29 mai 2007

La Phrase du Jour 103


«C'est formidable le cinéma. On voit des filles avec des robes. Le cinéma arrive et on voit leurs culs...»


Jean Luc GODARD, extrait du film "Le Mépris" en 1963.

POUR ETRE INFORME DE MANIERE INDEPENDANTE!


Chers amis bloggers!


Vous savez, tout comme moi, que nous vivons une époque très particulière, et j'ai la funeste impression qu'on en a pour un sacré moment.

Il va falloir etre très vigilant. Or, un homme averti en vaut deux, et un homme informé en vaut quatre. Souvenez-vous la dernière campagne électorale, ou Le Monde, traditionnellement orienté à gauche, s'est reconverti en journal de propagande sarkoziste (malgré le tete à queue à 180 degrés de Colombani en dernière semaine) et a tenté de déboulonner Bayrou sur les conseils de vous savez qui. Beaucoup se moquent ou se gaussent à propos du Béarnais aux grandes oreilles, mais quand il hurlait à qui voulait bien l'entendre que la presse audiovisuelle, ou écrite (avec un Alain Minc conseiller surpuissant en background) était noyautée par des financiers majoritairement proches du nouveau président en exercice, il avait parfaitement raison. Et ceci est valable pour tous les groupes de presse qui font la pluie et le beau temps en France: Lagardère, Bolloré, Bouygues et consorts...


Alors cher bloggers, si vous souhaitez etre informé d'une manière globalement "libre" et indépendante, seuls cinq "grands" journaux ont le mérite d'etre toujours au dessus de tous soupçons au niveau de la ligne éditoriale, donc plutot fiables. Je vous les cite, afin que vous ne vous mépreniez pas lors de vos emplettes littéraires. Les voici donc, ces renégats qui font leur boulot à peu près comme il faut:


-Le Canard Enchainé, évidemment!
-Le Nouvel Observateur, comme d'habitude!
-Libération, malgré les pressions exercées sur le journal par certains actionnaires(dixit le directeur Laurent Joffrin).
-Charlie Hebdo, meme pas indépendant, plutot incontrolable donc incontournable!
-Marianne, normal, avec un mec comme Jean François Khan à sa tete, un type insoupçonnable d'allégence à l'égard de qui que ce soit!



Donc chers amis, évitez Sarko Hebdo (Le Point), le pire de tous avec l'éternel Figaro!


Voilà! Soyez forts et bonnes lectures!

lundi 28 mai 2007

La Phrase du Jour 102


«Se servir de la guerre contre une révolte est un procédé aussi malpropre et aussi long que manger sa soupe avec un couteau".


Thomas E. LAWRENCE dit LAWRENCE D'ARABIE.

HASTA SIEMPRE




George Dalaras et Al Di Meola nous assènent une énième version du hit mondial révolutionnaire créé à l'origine par Carlos Puebla en l'honneur d' "El Commandante Ernesto Che Guevara", au parcours politique et activiste unique et à la fin si pathétique... Normal, Guevara était un pur et dur, un incorruptible, donc un "vrai" révolutionnaire, pas un aparatchik! C'est d'ailleurs ce qui lui couta la vie, et le fit directement entrer dans la case "légende"!

Etrange, tout ça! Que dirait le Che s'il voyait tous ces marchands du temple se goinfrer sur son icononographie mercantile mais néanmoins universelle? Que dirait le Che, devant ces pseudos "gauchistes" de salon qui se pavannent devant son mythique portrait sans rien connaitre du tout de son histoire et de ses convictions?

A mon avis, c'est bien simple, il agirait certainement comme le Jésus des Evangiles qui latta les immondes Pharisiens avec son méchant fouet de renégat juif... à la différence près que le Che lui, il se balladait toujours avec un flingue de type AK 40, c'est à dire une Kalachnikov, fusil mitrailleur favori des guérilléros du monde entier... Ca aurait été encore plus drole, non?


Toujours est-il que cette version du "Hasta Siempre" a nettement plus de jus que la version yaourtée de Nathalie Cardone en 1997, qui eut néanmoins le mérite de remettre au gout du jour la légende guevaresque tombée en désuétude, évidemment dans les années 80 (ggrrrrr!!!!)...

Mais Dalaras et Di Méola, eux, sont d'immenses artistes et envoient délibérément aux oubliettes la version variétoche de la toutefois bien gaulée Nathalie.


"HASTA SIEMPRE" par George DALARAS et Al Di MEOLA.

La Phrase du Jour 101


«Les ennemis de nos ennemis sont nos amis... jusqu'à la disparition de l'ennemi.»

Jean François KHAN.

LA PENSEE DU JOUR


"Je me suis toujours efforcé de travailler à partir d'histoires solides ayant pour armature des scénarios dynamiques. Certains de mes films ont comporté leur dose de sexe et de violence. Mais en comparaison avec ce qu'on peut voir aujourd'hui, "L'inspecteur Harry" paraît bien anodin. Je ne suis qu'un parmi d'autres. J'espère avoir diverti le public, fait rire quelques-uns. J'espère avoir attiré l'attention sur certains sujets et avoir provoqué la réflexion. Voilà c'est tout. Vous savez, le cinéma ne va pas résoudre les crises dans le monde ni la famine en Afrique. Contrairement à ce que certains aimeraient bien faire croire, le cinéma ne possède pas ce pouvoir."


Clint EASTWOOD.

dimanche 27 mai 2007

KNOCKIN' ON HEAVEN'S DOOR




Peu se souviennent que le tube dylannesque de Bob Zimmermann, est issu d'un film crépusculaire de Sam Peckinpah sorti dans les salles en 1973, "Pat Garrett and Billy the Kid", ou le Zim faisait une apparition saugrenue dans le role d'Alias, fil conducteur de l'histoire racontée par l'oncle Sam.

Bob Dylan s'en sortait bien dans l'un des derniers grands films de Peckinpah, avant que ce dernier ne sombre définitivement dans le maniérisme et l'inconsistance, l'excès d'alcool accélérant son funeste office.

Toujours est-il que ce titre du Zimmermann faisait entrer définitivement Dylan dans la légende rock'n folk. La preuve, le hit fait l'objet de covers multiples et déclinés à l'infini (la plus célèbre reprise ayant été réalisée par le groupe Gun's and Roses dans les années 80).


Mais comme souvent, rien ne vaut l'original et il est fort agréable d'écouter Dylan sur les images esthétisantes du film de Peckinpah, bien entouré pour la circonstance. En effet, James Coburn, Kris Kristofferson et Dolorès Del Rio tenaient le crachoir face à un Dylan fort peu expérimenté dans le role d'Alias.

Bref, tout de meme, rien que du beau monde dans cette affaire...



"KNOCKIN'ON HEAVEN'S DOOR" de Bob DYLAN en 1973 sur des images extraites de "PAT GARRETT AND BILY THE KID" de Sam PECKINPAH.

La Phrase du Jour 100



«Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.»


James ELLROY.

La Phrase du Jour 99


" Quand je donne à manger aux pauvres, ils disent que je suis un Saint. Quand je demande pourquoi les pauvres sont pauvres, on dit que je suis un communiste".

Dom Elder CAMARA.

CHRONIQUE DE VIEUX CON


Tout le monde préconise un retour à l'ordre: "ordre moral" pour les uns, "ordre juste" pour d'autres qu'on n'attendait pas vraiment dans le registre, et qui ont pris la dérouillée électorale que l'on sait. L'ordre est un terme dévoyé, car la liberté n'est pas synonyme de désordre, c'est meme exactement le contraire.

Observez les états totalitaires, ils sont constitués en apparence sur "un ordre" artificiel puisqu'on étouffe les gens. Un jour, la pression devenue trop forte, la cocotte-minute sécuritaire des "gens d'ordre" finit toujours par exploser et tout se termine dans le chaos et la violence, par l'insurrection voire la révolution. Vous connaissez un peu l'histoire, non?

Je suis né en 1958, période hautement académique. J'ai été élevé dans la rigueur mais dans une famille qui m'a couvé et ou j'avais tout en beaucoup trop, bref un gosse gaté et chouchouté. Et j'ai fréquenté l'école publique des années 60. Simple, les classes n'étaient pas mixtes, le port de la blouse était obligatoire, les chatiments corporels meme s'ils n'étaient pas systématiques, étaient fort courants pour certains élèves qui n'étaient pourtant pas des sauvageons irrécupérables. Les instits ne m'ont personnellement jamais frappé, pour une simple raison, j'étais très bon élève (là je me la pète). Les élèves médiocres, c'était très dur pour eux. Certains momes de ma classe étaient sujets à l'incontinence urinaire, pour des raisons multiples: raisons physiologiques pour certains, psychologiques pour d'autres. Ceux là étaient victimes d'un syndrome traumatisant, la trouille viscérale du prof omnipuissant, à se tordre le bide dès qu'on rentre en salle de classe. Et bien pour eux, c'était toujours l'humiliation supreme qui amplifiait démesurément les symptomes pré-cités. Tout cela pour vous expliciter en termes clairs, les bavures déjà basiques, que les excès de l'autoritarisme stupide entrainent.

Générallement, le maitre d'école leur faisait faire dix fois le tour de la cour du bahut, la culotte imprégnée d'urine (voire la bite à l'air) afin de les dissuader de réitérer leurs problèmes d'incontinence, avec les conséquences que tout le monde peut supposer sans etre expert en psychologie infantile.

Pour d'autres, c'était encore pire. L'un d'eux que je ne nommerais point, n'était pas né sous une bonne étoile sociale, et se trouvant ainé de sa fraterie, avait l'obligation, avant de se rendre en cours, de s'occuper de ses petits frères et soeurs et des taches ménagères de la maison. Evidemment, ce pauvre gosse de 10 ans à l'époque se pointait toujours en retard en classe. Et le cérémonial pouvait alors commencer. L'institutrice (une socialiste de la vieille garde, style hussarde de la république), traçait un cercle au sol à la craie. Le gamin devait s'agenouiller dans le dit-cercle, les genous appuyés sur une règle en métal. S'il se plaignait, les coups et les giffles pleuvaient alors sur sa pauvre petite tronche de mome de 10 ans. Résultat, un gosse traumatisé à vie qui a été incapable d'avoir une scolarité normale. On appelait celà la "discipline". Meme pas l'autorité, et encore moins l'autoritarisme.


Puis arriva 1968, ses deux mois de grève scolaire, un début de paradis pour des gamins qui n'en attendait pas tant. La rentrée de septembre de cette année fut pour nous un choc. Plus de blouses, des instits adoucis par les événements et les consignes nouvelles qui deviendraient règle absolue, et l'apparirion de filles dans le bahut. La mixité des sexes s'installait et ça nous désorientait complètement. De nouvelles méthodes pédagogiques apparurent, et le vent de liberté continua à perdurer. A mon entrée en sixième, apparurent les délégués de classe, nouvelle révolution. Le bahut devenait de moins en mons pesant, on avait de moins en moins peur, et le blues du matin disparut petit à petit.


Ma première manif, je l'ai faite à 15 ans contre les lois Debré qui avaient pour but de supprimmer le sursis militaire pour les étudiants. Puis en 1974, nouvelle manif contre les lois Fontanet. Et là, j'ai pris ma première dérouillée. J'avais eu le malheur de traiter un pion de fasciste. Aussitot, il m'a emmené dans le bureau du proviseur qui était absent. Malheureusement, il y avait l'intendante du lycée, une ancienne résistante de pas loin de 60 berges. Elle m'a dit: "je vais te montrer moi, ce que c'était les fascistes". Elle m'a alors tabassé pendant un quart d'heure, et je suis tombé plusieurs fois de la chaise ou elle m'avait installé. J'étais dans le coletard et à mon tour, traumatisé. Sa secrétaire assistait à la scène révulsée et écoeurée mais n'osait piper mot. J'étais alors convoqué au conseil de discipline, mais suite à une alerte à la bombe bidon concoctée par des élèves grévistes solidaires, et par la pérénité du mouvement de grève des lycéens, ma traduction devant le conseil tomba à l'eau. J'avais échappé à l'éviction définitive. Voilà encore une démonstration de cet "ordre" souhaité et voulu par certains, qui vous le voyez, à tendance à vite dégénérer et constitue intrinsèquement une machine à bavures.


Tout celà pour dire, que tous ces petits cons nés largement après moi, qui souhaitent une reprise en main virile dans les bahuts et qui ne savent vraiment pas de quoi ils parlent, feraient mieux de gamberger un peu. S'ils sont nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connus, ils sont soit assez stupides pour imaginer de telles alternatives éducatives, soit vraiment trop inconscients. Ou alors, j'aurais envie de leur soumettre une suggestion, vivre quelques semaines de scolarité comme nous on les vivait dans ces funestes années "autoritaires", voire réactionnaires. Port de l'uniforme, encadrement militaire (ah Royal!), interdiction de faire des bisous à leurs petites amies, interdiction de se ballader avec leurs fringues favorites ou leur I Pod branchouille, confiscation des téléphones portables, donc interdiction des sms... et éventuellement séparation des sexes afin que l'ordre règne en toute sérénité. Et puis peut etre, quelques coups dans la gueule pour rectifier les comportements douteux. Ca irait alors très vite, et les gamins illico presto fileraient chougner dans les jupes de leurs mères; et ces dernières manifesteraient alors de violentes récriminations auprès des académies concernées. Car tout le monde le sait, les parents aiment la sévérité pour les autres, mais jamais pour leurs propres moufflets qui eux, sont toujours victimes de l'arbitraire, car parfaits à la maison! L'ordre, c'est toujours bon pour les autres!


Alors qu'en j'entends tous ces discours anachroniques et hors du temps, je me dis qu'il y a quand meme des claques qui se perdent et qu'elle ne doivent pas venir des profs, et surtout pas s'adresser aux élèves manipulés par des parents réacs et à la vue courte . Et j'ai surtout envie de dire à ces politiciens de bas étages et en manque d'imagination, l'oeil rivé sur la prochaine échéance électorale, qui axent leurs campagnes électorales sur des solutions simplistes, style encadrement militaire, ordre juste ou policiers dans l'école, qu'ils cautionnent et amplifient la bétise ambiante par des solutions démagogiques, populistes et complètement inéfficaces.

Axez plutot l'éducation sur les fondamentaux, les livres qu'il faut absolumment lire, se cultiver pour progresser, s'ouvrir, réfléchir... Mais ça, ça n'est pas à l'ordre du jour, philosophie et histoire disparaissant progressivement des programmes scolaires. L'enseignement de l'art reste toujours le parent pauvre de l'Education Nationale et pourtant signe d'épanouissement personnel évident. Mais c'est normal, ce sont des matières dangereuses voire subversives, car quand on possède une culture de base assez solide, le temps de cerveau disponible devant une émission de TF1 se réduit considérablement, et la compréhension des événements de l'actualité présente devient plus acérée, donc pourrait éventuellement favoriser des réactions plus incontrolables dans l'état endormi que l'on est en train de nous concocter depuis un certain nombre d'années.

Ce que l'on veut aujourd'hui ce sont des consommateurs dociles, qui "se lèvent tot, qui travaillent plus pour gagner plus", et s'acheter des logement à crédits sur 50 ans, un bon moyen de les ficeler à vie. Il faut donc les "éduquer en "amont" dans ce type de perspective enthousiasmante. Les contestataires ou les empecheurs de tourner en rond sont indésirables, ce genre de types qui ne prennent pas des vessies pour des lanternes et qui ont des aspirations plus humanistes sont délibérément suspects par les temps qui courent.


Voltaire disait: "Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres". Et moi je réponds: "Plus ils seront ignares, plus ils seront endettés, et plus ils seront dociles".


Voilà, je l'ai faite ma chronique de vieux con...

La Phrase du Jour 98


"Une société parfaitement juste ferait le malheur des crétins.
Une société injuste leur laisse au moins l'illusion qu'ils n'ont pas la place qu'ils méritent".


Michel POLAC.

samedi 26 mai 2007

GUANTANAMERA



Quand on entend cette sublime chanson reprise par une pléthore d'artistes d'horizons les plus divers, on peut légitimement se poser une seule question: cette cantate n'est-elle pas une des plus belles créations de tous les temps, de par son tempo irrésistible, et l'universalité qui s'en dégage dès la première écoute.

Une autre impression immédiate en découle: serait-ce celà, le secret de Cuba, et de l'attraction irraisonnée et la fascination qu'exerce sur nos imaginaires inconscients, cette ile qui résiste à moins de 150 kilomètres de Miami à l'hégémonie nord américaine? Cette ile qui inspire tout le continent sud-américain, qui progressivement est en train de réaliser exactement ce que redoutait tant auparavant l'administration yankee, un passage progressif mais réel à la démocratie et un virage à gauche pour l'instant irrépressible, ce que meme Castro n'avait pas vraiment envisagé et n'a pu réaliser sur son propre territoire isolé et blacklisté. Et oui, les choses ont changé en Amérique latine, et quoiqu'on en pense, ce sont bien Castro et Guevara, puis Ortega et ses sandinistes qui ont ouvert la voie à une socialisation de l'économie, ou du moins une redistribution des richesses chez Lulla, Chavez, Morales, Bachelet et consorts... Dans les années 70, tout ceci se serait transformé en boucherie à la chilienne ou à l'argentine. Les temps ont changé et c'est tant mieux.

Mouais, on peut en dire ce qu'on en veut, mais c'est bien ce qui est en train d'arriver, et l'Oncle Sam est bien obligé de pactiser et composer avec ces mécréants socialistes pour continuer à faire ses juteuses et mirifiques affaires.

Pour "Guantanamera", c'est Celia Cruz qui s'y colle, la reine de la salsa, la perle noire des Caraibes, sur cette mythique version de la plus belle chanson née en 1955 sur l'ile de Cuba, du temps de Fulgencio Batista défait par Castro en 1959...




"GUANTANAMERA" par Celia CRUZ.

STRAWBERRY FIELDS FOREVER




DEDICATED TO MIMI!

JOUR DE FETE!


Chers amis bloggers, je vous suggère une pause télé le 29 mai à 21h35 sur France 5. Mais un conseil toutefois, les images que vous verrez sont insoutenables.

Tout est arrivé le 2 juin 1945 à Cusset, village de l'Allier. Une foule en délire, ivre de haine et de colère se rend dans la prison locale pour sortir du cachot trois gugusses. L'un est milicien, l'autre collabo et le troisième, on ne sait pas trop. Le directeur de la prison laisse faire. L'un d'eux est amené sur la place du village, roué de coups et supplicié devant hommes, femmes, enfants, vieillards, de braves gens quoi, mais un échantillon tout à fait représentatif de ce qui existe de pire dans le genre "humain". L' "indésirable" est hissé en haut d'une potence, et balancé à pusieurs reprises à meme le sol. Finallement, le corps disloqué, la foule frappe encore avec une violence inouie sa pauvre carcasse désintégrée (cette vieille qui lui balance des coups de canne alors qu'il est visiblement mort!).

Dans la foule en délire, des notables, le procureur de la république, des magistrats, des policiers, des gendarmes qui laissent faire. Question de circonstance! Ces memes salopards avaient juré fidélité à Pétain en 1940. Là, l'autorité a changé de camp. Le serment est un principe à géométrie variable.

Un reportage magnifiquement décrypté par Daniel Schneidermann, et déjà diffusé en 2005. Une évidence s'impose à la vision de ce film noir et blanc (et muet), la foule avait connaissance de la présence de la caméra qui a filmé cette scène (on ne sait rien du cadreur, le film ayant été retrouvé dans le grenier d'une ferme auvergnate). A plusieurs reprises, des "justiciers" font des signes enthousiastes vers l'objectif. Une "coquette" se pavanne meme devant le cameraman, pendant que le milicien se fait latter par la foule!

Un témoignage absolumment terrible sur cette époque qui prolongeait l'ère honteuse de la collaboration et qu'on appela "épuration". On a évidemment épuré le "bas de gamme", les opérateurs des "basses oeuvres". Eux ont été lynchés. Beaucoup de "hauts placés" ont quelquefois été ministres (Papon), d'autres magistrats ou hauts fonctionnaires, voire hommes d'affaires (Bousquet). Meme dans la répression active, ce sont les "petits" qui trinquent, lynchés d'ailleurs par des "petites gens" qui leurs ressemblent terriblement! Les gros poissons,eux, bizarrement, passent à travers les mailles, contre toute logique!

On ne sait exactement le nombre de ces victimes de l'"autre" arbitraire bien pensant, ce meme arbitraire appliqué par le régime de Vichy. Toutes ces femmes tondues par ces zélés opportunistes qui l'avaient bien moulé pendant l'occupation. Quel héroisme! Tondre des femmes qui avaient couché ou lyncher des mecs qui avaient été lachés par leurs hiérarchies collaborationnites. Ils ne valaient pas grand chose peut-etre, mais leurs bourreaux pas plus. Mais dans le cas présent, les bourreaux avaient bonne conscience, et c'est tout le problème.

Celà me ramène à une phrase de Fritz Lang: "J'aime l'"Homme", mais je hais la foule". Un propos digne de Céline, qui d'ailleurs lui aussi faillit passer au tourniquet à la libération.


Une seule note d'espoir dans ce film terrifiant mais diablement pédagogique sur les ressorts de la bétise et de la cruauté humaine. Un type squelettique, visiblement rescapé d'un camp de concentration, détourne les yeux devant le "spectacle" et préfère disparaitre plutot que d'assister à l'exécution d'un type qui certainement l'aurait balancé à la Gestapo ou la milice.

Lui il savait déjà ce que c'était que l'arbitraire...


"JOUR DE PENDAISON AU VILLAGE" lundi 29 mai à 21h35 sur France 5.

La Phrase du Jour 97


"Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C'est pour cela qu'il écoeure".


Louis Ferdinand CELINE.

CES GENS LA




On pense toujours que "Ces Gens là" de Jacques Brel est une charge atomique et sans réserve sur la bourgeoisie et ses perversions névrotiques ou pécuniaires.

Et bien que nenni! Apès avoir entendu il y a peu une interview sonore passionnante du grand Jacques sur France Inter, ce dernier nous expliquait en 1964, que sa chanson "Ces Gens là" décrivait l'attitude d'un lache ordinaire, qui n'hésite pas une seconde à dénigrer les siens, surtout quand ils font partie de sa propre famille, n'osant pas lui meme s'affranchir de leur tutelle oppressive. Brel nous administrait magistrallement le portrait virulent et sans concession, d'une sous-merde intégrale.

Bref, on pourrait parler de lacheté ordinaire, de trouille obsessionnelle de la transgression, de frilosité existentielle... ce qui n'est pas l'apanage, reconnaissons-le, d'une seule classe sociale définie et isolée, mais bien partagé majoritairement par bon nombre de nos concitoyens de cette bonne vieille France d'aujourd'hui, qu'on appelle déjà curieusement France d'après, celle qui parait-il "se lève tot, pour travailler et plus pour gagner plus" (air maintenant archi-connu et numéro 1 au Sarko hit)...

Alors 1964 et 2007, meme combat? Peut etre encore pire de nos jours. Et la chanson du grand Jacques me parait vraiment d'une très brulante et très singulière actualité...


"CES GENS LA" de Jacques BREL en 1964.

La Phrase du Jour 96


"Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière".


Boris VIAN.

vendredi 25 mai 2007

PETER GUNN




The "Spy Hunter" version Art of Noise, groupe minimaliste et mystérieux, toujours aussi rétif à afficher la physiononomie des protagonnistes constituant le band arty.

Titre célébrissime, "Peter Gunn" a été exploité à toutes les sauces, génériques, émissions tv, pseudo happenings branchouilles... ce qui a fait la légende quelques fois un peu trop forcée et assez surannée de "Art of Noise", que beaucoup aimaient, il faut bien le dire, uniquement par snobisme.

En tous les cas, "Peter Gunn" le fait toujours dans sa variante jamesbondesque, toujours aussi efficace et toujours aussi irrésistible, meme 20 ans après.



"PETER GUNN" de ART OF NOISE en 1986.

BLOOD OF EDEN





"Blood of Eden" un des titres les moins gais (au niveau du texte) de Peter Gabriel, accompagnée par Sinéad l'Irlandaise, la celtique au tempérament de feu.

A l'époque, Sinéad l'hystéro était la compagne affective de Mister Pete. Il s'en souvient, parait-il encore, la mère O'Connor n'étant pas vraiment connue pour etre une facile à vivre.


Dans ce titre, Peter Gabriel met en exergue ses marasmes sentimentaux de l'époque, illustrés parfaitement dans son album "Us" en 1992. Le titre est magnifique, tant au niveau de l'architecture sonore (divine comme d'habitude) que par les interprétations vocales des deux mytiques intervenants.


Du très grand art!


"BLOOD OF EDEN" de Peter GABRIEL en 2002.

PLANET CLAIRE




The B 52's, groupe atypique des années 80 au look délibérément sixties...

C'était ce qu'on appelait le néo modernisme des années 80 naissantes, ou tout ce qui était barré ou anachronique devenait "forcément" intéressant et pour certain, culte.

Le groupe américain associé à sa performeuse blonde affublée d'une choucroute stylisée "Elvis fan attitude", connut sa petite heure de gloire avec "Planet Claire" titre délibérément second degré, et hommage appuyé au cinéma SF RKO des années 50, voire à celui d'Ed Wood (au niveau du look des protagonnistes et du ton décalé du concept).

Le morceau fut tubesque, car complètement synchronisé à la tendance du moment: batterie synthétique et métronomique, claviers électroniques omniprésents, ton vocal stylisé Talking Heads, et instruments plus classiques utilisés a minima. Mais le gens du B 52's avaient certainement moins de prétention, et de talent visionnaire que les "Tetes Parlantes", et malgré quelques albums plus ou moins intéressants ou réussis durant ces cruelles eighties, ils marquèrent beaucoup moins leur époque que nos avant-gardistes new yorkais.

Ce qui fait qu'aujourd'hui, on ne se souvient vraiment du bombardier le plus célèbre des Etats Unis qu'au travers de "Planet Claire".




"PLANET CLAIRE" des B 52's en 1980.

La Phrase du Jour 95


«J'ai survécu à pas mal de colères. Je les ai remplacées par de l'amour. La vie n'est qu'une longue guérison.»


Sean PENN.

jeudi 24 mai 2007

VEDRINE VS KOUCHNER


En politique, c'est comme pour tout, il y en a qui crache au bassinet et d'autres qui vont à la soupe... C'est marrant de dire ça de Kouchner qui dans une vie antérieure distribuait du riz aux affamés. Comme on change!

Et en meme temps, ça fait longtemps qu'il a changé le père Kouchner. Sauf pour une chose, il en a toujours trop fait sur le plan médiatique, jusqu'à agacer son propre camp (d'ailleurs lequel?).

En tous les cas, ces derniers jours il a fait grincer beaucoup de dents, et les miennes en particulier.

Je n'ai jamais aimé chez l'individu, cette morgue "droits de l'hommiste universels" qui lui servait de caution philosophique et intellectuelle. Je n'ai pas aimé non plus, cette idée de "devoir d'ingérence" forme sophistiquée de néo-colonialisme légitimée sur un plan moral. On ne fait de l'ingérence que chez les plus faibles, ceux qui n'ont pas les moyens, ceux dont on n'a pas peur. Ferait-on de l'ingérence en Chine, en Russie, aux USA ? Au Kosovo, contre les Serbes, c'est beaucoup plus simple! En Irak, aussi! Un pays sous perfusion alimentaire depuis plus de 10 ans et exsangue économiquement et militairement, ça ne mange pas de pain! Et voilà nos intellos français, Kouchner en tete, qui pronent l'intervention en 2003 aux cotés des forces yankees. On connait le résultat, et le coté visionnaire de cette nébuleuse idéologie pro-américaine ou pro-israélienne, c'est selon, voire les deux.

Et puis, je n'ai pas aimé non plus, cette détestable manie de régler ses comptes à Lionel Jospin en 2002, dans un bouquin de merde, écrit par un mec aigri qui a perdu son ministère, et qui cherche à faire pleurer Marguot, nous expliquant que ça n'était pas si drole tous les jours de bosser avec un type comme Lionel. Ou d'un passage chez Ardisson, ou l'ex-rond de cuir se plaignait haut et fort, car il allait bientot cesser de percevoir ses émoluements d'ancien ministre de la santé, et que ça allait etre très dur pour lui. Pendant ce temps, la reine Christine ,elle, continuait pourtant de cachetonner à France 3, puisqu'elle n'avait jamais quitté son poste, alors que son compagnon était ministre dans un gouvernement en active. Donc Bernard, on peut supposer que ta meuf te laissait un peu d'argent de poche, et t'offrait tout de meme le gite et le couvert. Quelle manque de classe, quelle honte, quelle médiocrité! Kouchner, chomeur longue durée en 2002, qui venait pleurer sur les plateaux tv la meme année... Pouaaahhh, quelle impudence devant les vrais déshérités et les sans voix qui peuplent notre beau pays!

Le comble du ridicule est atteint en 2005, quand avec Finkielkraut ou Bruckner, il signe un manifeste contre des jeunes de banlieue qu'il accuse de "racisme anti-blancs"! Le degré supreme de la stupidité ou de la tentative de manipulation! Qu'on ne me fasse pas avaler ce genre de couleuvres! Il n'y a pas un mec qui veuille plus etre considéré comme un individu oridinaire, c'est à dire un Français de souche, qu'un mec qui vit ou plutot, qui est placé à la marge de la société, le banlieusard en étant la plus parfaite illustration. Et des philosophes ou prétendus tels, deviennent délibérément MALHONNETES pour stigmatiser des populations et les dresser les unes contre les autres.

Je pensais avoir de bonnes raisons de suspecter Kouchner d'etre un saute au rab opportuniste, et tiers-mondain affirmé. Les faits récents m'ont confirmé toutes les hypothèses.

Reparlons d'Hubert Védrine, l'opposé de Kouchner dans la forme et le fond, lui aussi a été contacté par le nouveau président, mais il n'a pas donné suite, la politique extérieure proposée n'étant pas d'équerre avec sa vision des réalités mondiales. L'un préconisait "le devoir d'ingérence" (Kouchner), l'autre le devoir d'assistance (Védrine). L'un s'alignait sur la politique étrangère de Bush (Kouchner), l'autre s'y est toujours opposé (Védrine). L'un est pro-israélien convaincu (Kouchner), l'autre détestait Ariel Sharon (Védrine)... L'un est une grande gueule suiviste, l'autre sait de quoi il parle (et très bien meme) en véritable expert géopolitique. L'un a accepté le poste de ministre des affaires étrangères, l'autre l'a refusé... L'un est un opportuniste zélé à la Douste-Blazy (ce qu'il y a de pire en politique), l'autre est un vrai serviteur de l'état.

On verra au bout du compte qui gagnera la partie et surtout le respect de l'opinion... et quel place chacun laissera à la postérité.

La Phrase du Jour 94


«Il y a peu de travail et beaucoup trop de population sur la terre.»

Bernard KOUCHNER (ex-médecin du monde, ex-tiers-mondiste, ex-ministre socialiste, ex-administrateur du Kosovo, ex-tricard, ex-interventionniste en Irak, tiers-mondain, néo-félon et opportuniste ministre des affaires étrangères de Nikos Sarkozy).

mercredi 23 mai 2007

CLINT EASTWOOD




Un hommage du grand Clint par les Gorillaz, groupe atypique créé par l'ex-leader de Blur.

On peut penser ce qu'on veut du concept (les musiciens dissimulés derrière un écran projetant des images de synthèses de personnages qui officient virtuellement en tant que groupe, pendant que la formation originelle joue en live en background), mais il fallait oser.

Ce concept avait été entrevu par le Floyd à Earl's Court, lors de l'interprétation scénique de "The Wall" en 1980.

Et puis, ces images de synthèse ont, à certains égards plus de personnalité et de corps que certains "artistes" non virtuels, que j'éviterai délibérément de citer, ça leur ferait bien trop de pub, rien que d'en évoquer l'existence.


Bref, une idée originale, mais qui doit rester à mon sens, purement isolée ou anecdotique, mais ne doit surement pas faire école et perdurer.


"CLINT EASTWOOD" des GORILLAZ en 2006.

PS: seuls les 2 rappeurs nippons semblent etre authentiques, dans l'affaire.

BURN YOU UP BURN YOU DOWN



Un des titres inédits (paru dans aucun album officiel, excepté dans la compilation "Hits" de 2003).

Comme d'habitude, cette version du titre est déclinée sous des formes multiples, et en voilà une, ma foi, fort intéressante.

Laissez vous aller, manantes et manants, croquantes et croquants, gueuses et gueux, sarkoziste et royaliste, à vous éclater les oreilles et les mirettes, devant cette vidéo superbe du maitre de Bath. Ce dernier fera halte dans notre joyeuses contrée dénommée dorénavant " France qui se lève tot et qui travaille", pour de multiples apparitions scéniques (et estivales), notamment au Festival des Vieilles Charrues.

J'y pense d'un coup. Il parait que Peter Gabriel n'est pas matinal, aime à passer des nuits blanches, ou compter fleurette à des gueuses volages aux moeurs légères, et sort un album tous les 7 ans. On ne va tout de meme pas accueillir cette grosse feignasse qui est un contre exemple absolu pour notre nouvelle société gavée de nouvelles valeurs laborieuses.

En plus, il aime les gens d'horizons les plus divers, et il fréquente me dit-on, des artistes musulmans ou noirs!

Embarquez moi ce zigotto et explusez le derechef dès qu'il taquinera le sol de notre si beau pays qu'on appelle la Phrance! C'est un danger pour notre jeunesse!


"BURN YOU UP BURN YOU DOWN" de Peter GABRIEL en 2003.

La Phrase du Jour 93


«Nous les stars sommes la seule marchandise qui ait le droit de s'absenter, le soir, du magasin.»

Ava GARDNER.

PIZZA 12




COMMANDEZ CHEZ PIZZA 12, LA PIZZA DE DEMAIN!

mardi 22 mai 2007

La Phrase du Jour 92


«Le monde ne peut pas passer son temps à regarder en arrière et à entretenir les haines du passé. On ne progresserait pas sinon.»


Marlon BRANDO.

lundi 21 mai 2007

La Phrase du Jour 91


«N’est-il pas diablement aisé de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu’un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé ?»


Stefan SWEIG.

PENALISONS DE MANIERE EFFICACE ET EQUITABLE!


Robert Faurisson, négationniste zélé et de renom, vient d'etre débouté devant le tribunal de grande instance de Paris. Il y a quelques mois, Robert Badinter, ancien ministre de la justice et "éxécuteur" de la peine capitale, avait traité le sinistre universitaire lyonnais de "faussaire de l'histoire", à propos de ses thèses orientées sur la non-existence des chambres à gaz.


Furibard, le nazillon de service avait poursuivi l'ancien garde des sceaux devant la justice pour "injures et diffamation". Bien mal lui en pris, car comme il a été dit dans le début de l'article, l'impétueux trublion néo fasciste, vient de se faire renvoyer dans ses cages, et condamner à 5000 euros de dommages et intérets. Bien fait!


Il n'empeche, il existe une juridiction plus plus efficace que nos sempiternelles "affaires" récurentes à propos des thèses négationnistes ou autres injures racistes, qui embouteillent souvent les tribunaux et jamais les prisons. Cette solution existe, et s'applique avec une sacrée célérité, chez des gens bien souvent accusés de lenteur de par chez nous, les Suisses.

C'est bien simple. La France n'est pas le seul pays ou s'exerce cette pratique immonde qu'est la réfutation du génocide juif ou négationnisme. En Suisse, aussi des néo-Faurisson ont tenté de diffuser ce genre de thèses pour le moins suspectes. Et bien là bas, ça se finit toujours à la case prison.

A la suite de manifestations néo-nazies du meme ordre que celles de Faurisson, et suite à la prise de parole d'universitaires hélvétiques nostalgiques de la Waffen SS, le législateur local a fait établir une loi spécifique, qui permet d'envoyer immédiatement en taule, toute personne qui fait l'apologie de la haine raciale, donc met la vie d'un groupe ethnique quel qu'il soit en danger, suite à ce type de propos paticulièrement nauséeux.


Ce qui fait que tous les néo-fachos ou SS suisses se sont bien vite calmés, et s'amusent beaucoup moins que chez nous à dire ou écrire n'importe quoi à propos de tout et n'importe qui. En France, Gollnisch, Faurisson ou consorts font régulièrement la une de l'actualité sans jamais vraiment craindre quoi que ce soit de la justice. Il faudra bien que les autorités prennent les choses en main, sinon, ces thèses ahurissantes seront bientot tellement banalisées, qu'on parlera certainement un jour de " Faurissonisation" des esprits. Ne pensez-vous pas?


Suisse toujours. Le législateur vient de faire voter une nouvelle loi qui me parait découler elle aussi, de la pure logique et du bon sens. Indexer les PV routiers sur l'assiette fiscale du contrevenant, bref, en fonction des revenus globaux de l'intéressé.

Celà fait des années que je préconise (de façon isolée bien sur) cette solution afin de rétablir une sorte de justice sociale. En effet, un handicapé, un smicard ou fauchman quelconque qui commet un délit routier quel qu'il soit, paiera la meme ardoise qu'un type pas forcément plus défavorisé que lui. Donc, établissons une amende proportionnelle au montant des revenus de l'intéressé, ce serait pure logique et pure justice. Il ne s'agit pas de démagogie, mais d'une règle de droit civique me paraissant clairement évidente.

Une amende de 45 euros sur 1000 euros de revenus mensuels, ça n'a pas vraiment le meme impact financier que 45 euros sur 10 000 euros de revenus, non?

Alors, "la France qui se lève tot et qui travaille", pensez à ce genre de mesure qui a le mérite, elle, d'etre juste, et de pénaliser de manière équitable.


Ils sont si fous que ça les Suisses?

dimanche 20 mai 2007

La Phrase du Jour 90


"Car Dieu n'est ni mort ni mourant - contrairement à ce que pense Nietzsche et Heine. Ni mort ni mourant parce que non mortel. Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas."


Michel ONFRAY.

CINEMA FRANCAIS




Puisque nous sommes à l'heure du Festival de Cannes, hommage au cinéma français...

vendredi 18 mai 2007

La Phrase du Jour 89


"Les monstres servent d'exutoire au sadisme larvé des honnetes gens...".


Jean MECKERT (écrivain).

mercredi 16 mai 2007

HEY BULLDOG



Un titre très peu connu du grand public, mais toutefois adoré par les fans de Beatles paru en 1968.

On peut trouver le titre dans l'album qui sert de bande sonore à un court métrage des Beatles "Magical Mystery Tour".

L'intro au piano est culte et a été samplé à un nombre incalculable de reprises.

Il est fort plaisant de voir un reportage montrant le travail des fab four en studio. Voir évoluer Lennon et consorts liverpooliens constitue toujours un plaisir indéniable et infini.

Simple! Ecoutez les Beatles et les voir jouer ensemble, me réconcilie avec l'humanité entière.

Et je pense toujours à ce fondu du nom de Mark Chapman, qui a tué Lennon le 8 décembre 1980 à New York, uniquement parce que John était une star accessible, et qu'il avait pu le héller sans problème (à la différence d'autres qu'il avait aussi l'intention de culbuter mais qu'il ne put approcher dont Liz Taylor, entres autres). L'ex Beatle lui avait meme signé un autographe avnt de succomber d'une overdose de plomb. God damn it!

En 2000, les Anglais ont élu les plus grands personnages du Royaume Uni de leur histoire.

Le premier, Winston Churchill, le second, John Lennon, le troisième, William Shakespeare.

Un classement absolumment irréprochable et carrément indiscutable.

Une dernière anecdote: nos "amis" britanniques ont déclaré "Imagine" chanson du millénaire, pas moins! Bel hommage au "Working Class Hero".


"HEY BULLDOG" des BEATLES en 1968.

THESE BOOTS ARE MADE FOR WALKING




Nancy Sinatra, fille de Frankie "Blue Eyes"...

Dans les early sixties, la fille de son papa péta une crise d'ado. Elle voulait chanter tout comme son père. Mais, avait-elle le meme organe vocal?

A propos d'organe, saviez-vous ce que disait Ava Gardner, à propos de Frankie le mafieux?

Je la cite dans des termes qui n'appartenaient qu'à elle (précisons que la gueuse avait la réputation d'etre l'actrice au langage le plus obscène d'Hollywood) :

"Simple, Frank Sinatra, c'est 55 kilos tout mouillé, avec 50 kilos au moins pour la bite!".

De quoi rendre jaloux un bon nombre de nos contemporains complexés et sujets aux prothèses qui parait-il, ne se sont jamais aussi bien implantées que par les temps qui courent.

Nice, isn't it?

Mais là, je vous concède que je m'égare un tantinet.

Donc Nancy est immédiatement considérée comme une gosse capricieuse, qui n'existe que par la grace de son géniteur turbulent, iconoclaste, mais véritablement surdoué et unique dans sa catégorie.

Que ne fut la surprise de constater que la boutonneuse avait un talent certain, et qu'elle savait bien s'entourer (tout comme son père).

Elle commit un premier titre "Bang Bang" (utilisé depuis dans le "Kill Bill" de Tarantino). Puis ce single, "These Boots are Made for Walking", hit mondial qui fit particulièrement un carton auprès des boys qui pataugeaient dans les rizières du Vietnam (utilisé lui aussi par Kubrick dans "Full Metal Jacket"). Elle a tenté un revival branchouille au début des années 2000, avec un album pas si mauvais que ça et excellemment produit.

Comme quoi, on peut etre gosse d'un génie et pas forcément trop naze... en tous les cas Nancy avait montré qu'elle en avait elle aussi, tout comme son père, ce qui accréditait donc les dires d'Ava Gardner à ce sujet.


"THESE BOOTS ARE MADE FOR WALKING" par Nancy SINATRA en 1965.

La Phrase du Jour 88




«L'insécurité est une invention des serruriers.»


Jean-Edern HALLIER.

HISTOIRES DE CINEMA


Cannes incontestablement le plus grand festival du monde. Créé en 1939, comme réponse à la Mostra de Venise créée sous l'autorité mussolinienne ou le festinal de Berlin, initié par Goebbels, Cannes s'est imposé comme le rendez vous mondial du cinéma.


Il est intéressant de voir l'évolution et observer ces Palmes d'Or qui ont fait la réussite du prestigieux festival. Incontestablement, le point de rupture ou le vrai décollage de la glorieuse manifestation, assez tranquille jusque là, c'est 1960, et le scandale occasionné par "La Dolce Vita " de Federico Fellini. Georges Simenon, alors président du jury, menaça de démissionner si l'on ne donnait pas la Palme d'or au maestro italien et sa "Douceur de Vivre" jugée trop décadente (titre original: "Babylone 2000"). "La Dolce Vita", en dehors de ses qualités intrinsèques et de son audace formelle et intellectuelle, doit tout autant son succès à sa réalisation impressionnante, qu'au scandale occasionné à sa sortie.

L'autre scandale de Cannes, le plus énorme à ce jour, fut celui occasionné par "La Grande Bouffe", de Marco Ferreri en 1972. La présidente de l'époque, Ingrid Bergmann, fit un communiqué resté dans toutes les mémoires évoquant la vulgarité ou la provocation de certains films présentés en compétition. Evidemment, elle parlait de "La Grande Bouffe". Pour ceux qui débarqueraient d'Uranus, le film évoquait la sordide story de quatre quincagénaires qui décident de se suicider en bouffant et baisant à outrance. Le casting: Philipe Noiret, Michel Piccoli, Marcello Mastroianni (déjà dans "La Dolce Vita"), Ugo Tognazzi, Andréa Ferréol... bref une boucherie. Un film beaucoup plus désespéré qu'il n' y paraissait, et pas si choquant que ça à mon sens. Ferreri voulait symboliser un monde occidental courant à sa perte par la surconsommation en général, n' y trouvant au final que désespoir existenciel, y compris dans le domaine du sexe. C'était bien vu et que dirait-on aujourd'hui? Bizarrement le retour aux "valeurs morales revival" que nous vivons aujourd'hui aurait certainement amplifié la polémique.

En tous les cas le scandale fut inoui, l'Eglise intervint comme pour "La Dolce Vita", des bagarres éclatant entre spectateurs, Ferreri et ses comédiens étant hués ou adulés par une foule en liesse ou folle de colère. Arletty poussa sa gueulante: "c'est dégueulasse, des types qui font des films comme ça faudrait les fusiller...", oubliant au passage que c'est ce qui faillit lui arriver lorsqu'elle fut accusée de collaboration "active" avec un officier de la Wermacht à la libération en 1944, et emprisonnée... Bref, ce fut l'hallali. Les happenings télévisuels sont restés eux aussi dans toutes les mémoires.

Piccoli était interrogé par un journaliste tv sur une grande chaine nationale qui lui reprocha la "vulgarité" du film. Le grand acteur prit un coup de sang entré depuis dans la légende: "Pourquoi dites vous que ce film est vulgaire? Parce qu'on y rotte, on y chie, on y pète? Ca ne vous arrive jamais à vous de rotter, péter ou chier?". Tout ça en direct live! Ca le faisait! Mais quelle bronca!

Résultat des courses, le film fit un carton au box office!

Tous les petits scandales "people" survenus plus tard paraissent bien légers ou fades à coté de celui de "La Grande Bouffe", dont je souhaiterais tellement que nos contemporains s'administrent une vision plus neuve, pour constater les qualités évidentes de l'ensemble. Il s'agit véritablement d'un très grand film. Rabelaisien certes, mais terriblement pessimiste in fine. Qui plus est, la photographie est purement magnifique. Non, sincèrement, cette réalisation reste d'un très brulante actualité.

Au fait, le Nouvel Obs a eu une idée de génie la semaine dernière: réunir une soixantaine de critiques de cinéma, journalistes, écrivains et réalisateurs, leur demandant de dresser la final list des Palmes d'Or. Voilà, le résultat issu des urnes et qui me parait tout à fait excellent:

1: "La Dolce Vita" de Federico FELLINI en 1960.
2: "Apocalypse Now" de Francis FORD COPPOLA en 1979.
3: "Taxi Driver" de Martin SCORSESE en 1976.
4: "Viridiana" de Luis BUNUEL en 1961.


Joli vote non et belle play list, non? En tous les cas parfaitement cohérent et judicieux. On remarquera que tous les films cités ont fait scandale à leur sortie ou au moins constitué de singulières polémiques. C'est d'ailleurs à celà qu'on reconnait une grande oeuvre, elle doit déranger! Deux ont subi les foudres de l'Eglise ("Dolce Vita", "Viridiana"). Les deux autres d'autres attaques purement stériles voire stupides: "Taxi Driver" accusé d'apologie de la violence, ou fascisant (???). Quand à "Apocalypse Now", Françoise Sagan estimait que ce film était "un grand spectacle à l'américaine malsain et tapageur" (???). Pauvre Françoise, elle devait etre vraiment défoncée, mais surtout, elle souhaitait imposer cette balourdise que constituait "Le Tambour" de Schondorf. Ce qui fit que les deux films eurent la Palme d'Or ex-aequo... Mauvais esprit, quand tu nous tiens...

Et bien, le temps a bien fait son affaire, car tout le monde se souvient d' "Apocalyse Now", par contre "Le Tambour"...

Beau classement, et vivement encore de beaux scandale à Cannes. C'est généralement la marque de fabrique définitive d'un chef d'oeuvre à venir!

CANNES 2007 et VIVA FINCHER !


Premiers échos des films présentés en sélection officielle.


"Zodiac" de David Fincher serait le chef d'oeuvre annoncé. Le film dure 2h36, avec une première partie classique de chasse aux serial killers du style "Seven" (réalisé déjà par Fincher en 1995), pour partir en live dans la dernière heure. De fait, la dernière ligne droite basculerait dans l'onirisme, un climat angoissant voire étouffant à la Kafka. Le film passe alors dans une dimension complètement irréelle, quasiment métaphysique. Pour certains critiques (France Inter, Le Nouvel Obs), il s'agirait ni plus ni moins du meilleur film de Fincher, ou toutes ses névroses et obsessions personnelles éclaboussent le spectateur: étouffement, claustrophobie, cryptogrammes, énigmes, mystique criminelle... bref, ça promet du raide.

En tant que fan de David Fincher, "Zodiac" me fait rudement plaisir, car j'avais entendu parler de l'histoire incroyable de ce type hallucinant qui aurait tué pas loin de 25 personnes entre 1969 et le début des années 70 (hypothèse optimiste car certains parlent d'un nombre beaucoup plus élevé de victimes), en annonçant ses meurtres à l'avance, gavant les journaux de San Francisco de textes ésotériques, afin d'embrouiller davantage encore, les intervenants de l'univers médiatico-policier. D'ailleurs Fincher aussi, enfant à l'époque? prenait "Zodiac" pour le croquemitaine local.

Le plus incroyable est qu'on n'a jamais arrété "Zodiac"... pour certains spécialistes de l'affaire, il serait mort d'une crise cardiaque! Mais sait-on jamais!Peut etre se trouvera-t-il à Cannes cette année, retraité du crime en série, pour méditer sur sa vie de serial killer à travers le film de Fincher...


Le dernier film de Quentin Tarentino est lui aussi présenté à Cannes et là je m'en fous complètement. Quentin est devenu un gosse trop gaté qui croit pouvoir nous amuser avec n'importe quoi. Souvenez vous des 2 "Kill Bill". Fallait vraiment avoir beaucoup de tolérance pour considérer ces 2 séries Z comme des grands films. Certains ont pourtant franchi le pas. En 1998, on avait déjà été déçu par "Jackie Brown", mais chut! Interdit, il fallait pas le dire à l'époque! Trop culte le Quentin!

Et bien moi je ne me gene pas! Ce que fait Tarentino aujourd'hui m'emmerde au plus haut point, et il ne faut pas mélanger sous culture et contre culture. C'est tout!

Son dernier film s'appelle "Death Proof", avec une poursuite de bagnoles de plus d'une demi-heure. Déjà, j'ai pas envie de voir ça, ce type de plan galère. Et cette fois la critique est unanime. "Death Proof" serait une sous merde intégrale! Ils ont mis du temps à comprendre que depuis "Pulp Fiction", Quentin est devenu un sale gosse qui ne fait plus que des bétises.


Voilà!

mardi 15 mai 2007

THE PASSENGER




Une version absolument superbe du titre culte de l'Iguane, "The Passenger" par Siouxsee and the Banshees.

Ce qui faisait tout le charme de Siouxsee, c'était bien sur la lead vocal du groupe, ultra maquillée et néo gothique, mais possédant néanmoins une voix inégalable. Et puis assez sexy en plus, ce qui ne gate rien.

Siouxsee and the Banshees fut un groupe phare des années 80 qui n'a guère laissé de trace à la postérité, il faut bien le reconnaitre. Mais, nous le savons tous, peu de ces groupes néo branchés ont passé le cap de la décennie indigente.

Observons toutefois que ce cover du "Passenger" de James Osterberg dit Iggy Pop, grand exhibitionniste de la cause rock 'n roll ultime, vaut largement son pesant de cacahuètes. Comme celà arrive parfois, cette version semble plus aboutie, voire meilleure que l'originale.

Bref du très bon boulot.

Au fait fallait-il que les Stooges se reforment? Là, ça me parait carrément ridicule. Pas à vous? C'est aussi une autre histoire.


"THE PASSENGER" par SIOUXSEE AND THE BANSHEES en 1983.

DANS LES YEUX DE MA MERE





La version originale de la chanson la plus bouleversante du roi Arno.

On peut s'étonner du tempo plutot festif, sur des paroles qui m'apparaissent inégalables dans le registre.

Aujourd'hui, Arno nous chante cette contine d'une manière beaucoup plus sobre et dramatique. Mais connaitre une version originale, ça vaut toujours le détour, notamment lorsqu'il s'agit d'un titre qui taquine la perfection.

Peu d'entre nous, résistent toutefois au texte éblouissant du Belge fou.



"DANS LES YEUX DE MA MERE" d'ARNO en 1993.

lundi 14 mai 2007

La Phrase du Jour 87


"Le monde entier est cruel à l'intérieur et cinglé en surface".

WALK THIS WAY




On aurait pu appeler ce clip "Combat Rock".

En tous cas le concept est vraiment bon: présenter le remix d'Aerosmith dans une sorte de duel Rap/Rock, donne tout l'interet de l'entreprise.

Qui plus est le résultat est péchu, le mariage entre les talk overs syncopés de Run Dmc et la prestation féline de Steve Tyler (le petit frère de Mick Jagger?) s'avérant des plus enthousiasmants.

Les riffs rock'n rolleux de l'hymne stylisé seventies et la rythmique rappeuse appuyée, donne une consistance et une épaisseur incontestables à cette variante en état de grace.

Les différents gimmicks, la rap attitude de Run Dmc confronté au rock'n roll circus, ça ne manque pas de sel.

Et puis un truc quand meme, nos petits rappeurs franchouillards font quand meme bien pale figure, face à leurs congénéres américains, tant au niveau du son, qu'au niveau de l'intensité. Vous ne trouvez pas?

Non, chez nous, les seuls qui assuraient, c'était NTM, et maintenant Joey Starr, seul survivant de la mouvance...




"WALK THIS WAY" par RUN DMC et Steve TYLER en 1988.

I FEEL JUST LIKE A CHILD




Déjà, le fait d'etre capable de se présenter dans cette tenue dans un vidéo clip, ça releve du culte.

Devendra Banhart (quel étrange patronyme!) a été la révélation US de 2005. Son album "Cripple Crow" a été un succès inattendu, dans un registre tout à fait imprévisible, sorte de mix folkeux adoublé de rythmes fleetwoodmackiens surprenants.

Une seule inquiétude me taraudait: l'album avait eu la note maximale dans Télérama. Pourtant, miracle, c'est tout de meme un bon album à la pochette très Sergent Pepper.


Le titre qui fut le tube du disque et qui fait la joie des publicitaires est "I feel Just Like a Child" qui illustre fort à propos la philosoophie et la couleur rythmique de l'album.

A la vision des images, vous aurez une furieuse impression de voyage dans le temps, back in 1970 pour etre précis : cheveux hirsutes, barbes néo bab, looks hippies et absence de frime délibérée, mysticisme néo hindou, propres à cette époque mythique et tant regrettée.

Pourtant, nous sommes bien en 2005 et le titre assure un max!


"I FEEL JUST LIKE A CHILD" de Devendra BANHART en 2005.

dimanche 13 mai 2007

L 'ENIGME SCORSESE



Il y a une quinzaine de jours, une énigme était posée dans ce blog: pourquoi dit-on que Scorsese filme comme Dieu seul le ferait?

Et bien visionnez cette séquence d'anthologie. Après la boucherie finale de "Taxi Driver", Travis Bickle (Robert de Niro) s'allonge sur le lit mimant son suicide au revolver, pendant que les policiers envahissent la chambre "mortuaire". Le plan suivant nous montre la meme scène, caméra au plafond en travelling latéral, comme si Dieu observait lui meme la scène du haut des cieux. Et bien ce gimmick apparait absolumment dans tous les films de Marty.

Une évidence s'impose: "Taxi Driver" est l'un des premiers films à succès de Scorsese (Palme d'Or à Cannes en 1976) et reconnaissons que sa technique cinématographique est déjà au top. Mais ça ne suffit pas. Ce qui interpelle le plus à la vision de sa filmographie dans son entier, c'est sa faculté à sonder les tréfonds les plus sordides de l'ame humaine. Comment peut on observer les névroses de l'individu avec cette précision quasi chirurgicale? Quel est son secret? Et puis, cette manière de filmer la violence. Chez Scorsese, elle est brute et jamais esthétisante. J'ai toujours détesté cette idée que la violence pouvait etre belle (Sam Peckinpah). Chez Scorsese, quand un type se prend une balle de 38 ou de 44, le sang pisse partout, ça fait du bruit, et ça peut arracher les doigts! Rien à voir avec les ballets chorégraphiés et terriblement malsains de l' "Orange Mécanique" de Kubrick. Chez Scorsese la violence est un repoussoir, et c'est tant mieux.

Donc, comment Martin a-t-il pu apprendre tout ça si vite? Son passage dans un séminaire? Non, trop rapide. Sa jeunesse dans les bas fonds de New York ou sa fréquentation récurrente de voyous ou mafiosi dans son adolescence? Ca ne serait pas le seul coutumier du fait, et ça ne suffirait pas. Non, le réalisateur italo-américain est d'une lucidité hors norme sur le monde qui l'entoure, et il a l'extreme intelligence de transposer cette lucidité là, en art majeur. Point!


Car son observation de la société américaine est purement terrifiante. Bickle, raté néo fascisant est à la fois victime, "héros incompris et mal aimé" du Vietnam, potentiellement assassin d'un homme politique par dépit amoureux, puis exterminateur d'un gang qui maquait une gamine. A la fin du film, il devient héros national suite à ce funeste massacre parce qu'il a raté tous ses objectifs nauséeux, dont son propre suicide. La morale scorsesienne, c'est que la morale, justement, n'est qu'une pure vue de l'esprit, tout est affaire de circonstances. Et là encore, comme il a raison!

Martin Scorsese est le plus grand réalisateur en activité aujourd'hui et déjà l'un des plus grands de tous les temps! En 35 ans de cinéma, il possède à son actif, une bonne quinzaine de chefs d'oeuvre. Peu peuvent se prévalloir d'une telle filmo aujourd'hui.


"TAXI DRIVER" de Martin SCORSESE en 1975.

MELODY REDUX




Un autre extrait de Melody Nelson.


"Ah Melody" avec un texte et une ligne mélodique minimalistes.

Quel plaisir, et ces arrangements de Jean Claude Vannier, grand oublié de l'histoire, qui fignolent et scindent le tout dans une perfection absolue.

Ah ces cors de chasse judicieusement amenés... de la broderie je vous dis!

Sans oublier la mise en scène wharolienne de Jean Christophe Averty. Une belle brochette de killers!


"AH MELODY" de Serge GAINSBOURG en 1971.

THIS IS NOT A LOVE SONG





1978. Les Sex Pistols sont officiellement morts, explosés en vol en pure logique. Faire cohabiter des personnalités style Johnny Rotten et Sid Vicious pendant un laps de temps trop poussé ne pouvait que se solder par une désintégration mutuelle.

Bizarrement, les Pistols firent preuve (pour la première fois?) de sagesse et de bon sens en splittant. Vicious continua une carrière erratique vouée à l'auto-destruction en tuant accidentellement sa petite Nancy, puis s'injectant une dose mortelle d'héro au tout début de 1979. Il commit cependant un chef d'oeuvre de subversion avec son adaptation inoubliable de "My Way" épaulé par ce vieux requin de Malcolm Mac Laren.

Johnny Rotten muta et devint John Lydon (son véritable patronyme). Il créa son groupe Public Image Ltd, radicallement opposé formellemnt aux dérives pistolliennes.

Mais sur le fond, c'était toujours la meme chose: la subversion et l'attaque lancinente de tous les fondamentaux. Le premier album de PIL, "Public Image", parut en 1978, et reçut un accueil critique dithyrambique, mais fut un échec commercial majeur.

S'ensuivit un autre opus en 1981 dénommé curieusement "Paris au Printemps" qui occasionna de jubilatoires erreurs de casting dans les discographies d'amateurs de contines parigodes atteints d'Alzheimer ou ne pratiquant pas la langue d'Albion la perfide, de par la confusion engendrée par le titre de l'album.

Car la musique de PIL ne plaisait déjà pas trop à un public de masse rock'n rolleux du fait du concept drastique de l'entreprise de l'ex rouquin boutonneux du groupe phare du mouvement punk. Musicalement, PIL c'est une ligne de basse monstrueuse, largement mise en avant, la disparition quasi totale d'hurlements guitaristiques punkoides et une batterie métronomique omniprésente. Retour drastique au minimalisme! Mais ça ne marchait pas vraiment et surtout, Lydon de toute manière s'en foutait complètement.

Détestant l'industrie musicale dans son ensemble (sa cohabitation avec Mac Laren?), il créait constamment des titres sarcastiques, se moquant en permanence des tendances du moment ou des gimmicks d'erzsatz musicaux très en vogue dans les années 80.

En 1983, il nous assène ce titre parodique "This is not a Love Song", basé sur une rythmique samplée en boucle et son fameux tempo obsédant qui en faisait sa marque de fabrique. Ce fut un semi hit et reste un objet amusant, dans le coté dérision et second degré, ce qu'il y a de plus intéressant chez Lydon, avec évidemment son extreme lucidité face au show biz ou au monde en général.



"THIS IS NOT A LOVE SONG" de John LYDON et PUBLIC IMAGE LIMITED en 1983.

samedi 12 mai 2007

La Phrase du Jour 86




"Beaucoup d’éléments de mes films viennent de mon expérience personnelle, transcrite sous la forme du cinéma et de la religion. »


Martin SCORSESE.

Martin, tu as bien fait de ne pas devenir pretre!

IN YOUR EYES





Peter Gabriel dans LE titre le plus représentatif de son ouverture africaine.

"In your Eyes" est extrait une fois de plus du somptueux "So" en 1986.

Accompagné par une formation inhabituelle à Genève en 2004 (hormis la présence heureuse de Manu Katché), la chanson est magnifiée par la plus belle voix du Sénégal voire d'Afrique, celle de l'inaltérable Youssou n' Dour, considéré comme un dieu vivant sur le continent africain.

Youssou se consacre dorénavant au sort des déshérités, à l'Islam et réalise toujours des albums magnifiques (cf "Allah").

Justement! Il parait qu'Allah est grand, et bien Youssou aussi l'est, très grand meme. A la vision de cet extrait vous en serez largement convaincu.


Envoutant!



DEDICATED TO MIMI.


"IN YOUR EYES" de Peter GABRIEL avec en guest Youssou N'DOUR, en 2004.

POSE TON GUN



De tous les rappeurs français, un seul a su prendre le bon train Joey Starr.

Le gaillard n'est pas du genre à faire de concessions, qu'elles soient artistiques ou autres. Hypocrisie, pas son truc à Didier Dorville. Son sound system fonctionne toujours aussi bien. Il n'a toujours pas avalé la "trahison" de Kool Shen. Il le revendique, le clame haut et fort ce qui est rare dans le milieu policé des médias. Starr est respectable: il dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, et il déteste les escrocs ou imposteurs de tous ordres. Ce genre de posture est homéopathique dans le show biz et le monde du rap.


Starr n'est plus vraiment un rappeur et ça fait pas mal de temps. Ecoutez sa version du "Métèque" de Moustaki. Un cover qui ne trahit rien dans l'esprit et sonne comme neuf. Pas facile et pourtant il l'a fait.

"Pose ton Gun", c'est de la bombe. Il y a du James Brown là dedans! La rythmique est hallucinante et d'une efficacité redoutable. Les arrangements parfaitements stylisés et maitrisés accentuent la puissance mélodique du titre.

La voix: invraisemblable comme d'habitude. Joey nous assomme de ses rugissements jubilatoires et dantesques. Qui plus est, le mec est une véritable bete de scène, impressionnant de puissance, qui nous insuffle une énergie radicale, dévastatrice et communicative. Un vrai showman au sens littéral du terme!

Un morceau de killer, sauvage et tribal comme je les aime!


"POSE TON GUN" de Joey STARR en 2006.

MESSAGE SANITAIRE




Un début d'explication ?

SEX BOMB




Tom le Gallois, c'est une carrière hors norme.

Il débute dans les sixties avec cette voix soul passée au papier de verre qui le caractérise. Son premier grand succès est "It's not Unusual" en 1965. Il s'illustre par des happenings survoltés qui mettent ces dames en chaleur. Tom a l'habitude de s'exhiber en tenue hyper moulantes ou jeans poutre apparente, ce qui lui vaut d'etre fréquemment bombardé de petites culottes par son public constitué essentiellement de femelles en rut.

C'est ensuite "What's new Pussycat", un autre tube au titre équivoque (pussycat = foufoune en british!). Bref, Tom continue sa voie royale. Sa production discographique se raréfie, ce qui ne l'empeche pas de tourner de manière incessante (moyenne annuelle 200 concerts par an). Pendant un temps, il fait vaciller le king Elvis, Tom ne se gavant pas au beurre de cacahuète, et gardant lui, une ligne de jeune homme dopé à la testostérone.

Au début des années 90, son producteur attitré décède et c'est son propre fils qui va relancer la carrière de Tom, réactualisant le style de son daddy. Il réalise un cover particulièrement heureux du "Kiss" de Prince. Sa participation complètement kitsch de has been dans le "Mars Attacks" de Tim Burton lui donne un coup de turbo supplémentaire. Il se produit constamment à Las Vegas ou les vieilles rombières continuent à fantasmer sur les dimensions supposées de son organe.

Au début des années 2000, il enregistre un album à base de titres hip hop qui déconcertent son public de milliardaires. Il est vrai que pratiquer le rap à Las Vegas, il y a comme un anachronisme. Mais enfin, qu'importe, Tom fait toujours un carton sur scène malgré son age avancé. Il est vrai que "le sexe ça génére"... Ah Ah Ah Ah !

Sa chanson "Sex Bomb" est parue en 1999 et fit un véritable tabac sur les ondes FM et les dance floors. Au départ, les paroles auraient du etre "I'm your sex bomb".

Tom dans un accès de modestie (ou de lucidité) de bon aloi, estima qu'il ne pouvait se targuer d'une telle prétention sur son aura sexuel supposé vu l'age canoniquequ'il affichait. Les lyrics furent donc modifiés, en "you are my sex bomb".


Nice, isn't it?

Mais bon Dieu, quel organe! Là, je parle de sa voix.


"SEX BOMB" par Tom JONES en 1999, accompagné par MOUSSE T, DJ du titre culte.

BIENTOT SUR CE BLOG


Bientot sur The Intruder, des films ou reportages destroy et délirants réalisés par l'équipe de Rocky Goes To Franckiewood.

Vous y verrez évoluer Sybéria, la blonde incendiaire mais néanmoins iconoclaste, Evelyne la brune gothique et surréaliste, Jean Philippe l'énigmatique homme des médias, et votre serviteur, le pire de toute la bande, car idéologue de ces brulots terroristes et pythonesques.

Esprits chagrins ou révérencieux, évitez la vision des séquences qui vont suivre, car déconseillées aux personnes trop aseptisées et "bien pensantes".

La Phrase du Jour 85


"La différence entre se mettre en scène soi-même et être dirigé par quelqu'un d'autre, c'est celle qu'il y a entre se masturber et faire l'amour.»


Warren BEATTY.

SEVEN NATION ARMY





Ca s'appelle un retour aux fondamentaux!

Batterie, Basse, Guitare et rien d'autre.

On ne cesse de nous dire que le rock est mort ou qu'il va mourir, remplacé par de nouvelles approches musicales. En fait, le rock ne mourra jamais, pendant que tous les avatars qui ont tenté de lui succéder sont tous eux, bel et bien moribonds ou carrément perdus dans les oubliettes de la muzak!

Vous voulez des exemples: disco, glam, punk, new wave, rap ... pour le slam encore quelques semaines de survie théorique. Ouf, plus trop longtemps à attendre le décès des slammeurs.

Ca me fait crever de rire! Comment vouliez vous que les rappeurs perdurent: textes dans la majorité des cas grotesques, talk overisés sur des séquences musicales asthmatiques et d'une pauvreté mélodique pathétique. Et le slam! Je pense à Grand Corps Malade et ses complaintes à la "mords moi", qui trouve le moyen d'obtenir trois grand "T" à Télérama, avec des textes de cet acabit:

"Au quartier des Halles,
On peut meme manger de la choucroute Hallal..."

Digne de Groland! Mais chez Groland, on dit des trucs come ça en déconnant. Pas Petit Corps Normal. Lui, il est grave quand il slamme là dessus!

Bon pour en revenir aux choses sérieuses, les Whites stripes nous ont allumé avec ce titre qui tue en 1999 et un album tout aussi réussi. Rock is dead qu'ils disaient les bouffons... et bien non, Long Live Rock!



"SEVEN NATION ARMY" des WHITE STRIPES en 1999.

AL QUAIDA MENACE


Selon Antoine Sfeir directeur des "Cahiers de l'Orient", très rigoureux spécialiste du Proche Orient et pas vraiment hystérico complotiste névrosé à la Thierry Messian, Al Quaida s'apprete à taper en France, et fort!


Un petit peu d'histoire. En 1991, le FIS (Front Islamique du Salut) gagne les élections en Algérie, et ce, avec un score impressionnant. Mais l'armée, omniprésente et omnipuissante là bas, démet le président en exercice et annule le résultat du scrutin. Le FIS est dissout, et le GIA (Groupe Islamiste Armé) est créé. S'ensuit alors une guerre civile qui durera jusqu'à la fin des années 90, et qui fera près de 200 000 victimes.

Quel rapport donc entre cette sinistre boucherie, Al Quaida et la France ? Beaucoup de choses apparemment!

La France, sans le montrer officiellement à l'époque, a toujours soutenu le régime des militaires algériens. Les "services" français voyaient d'un très mauvais oeil l'arrivée au pouvoir à Alger d'une république à l'iranienne. Surtout que l'Algérie fournit des quantités énormes de gaz naturel à la France et est un partenaire économique privilégié...

Le GIA était composé très largement d'"Afghans", ces fameux guerriers issus des légions arabes qui avaient bouté hors d'Afghanistan, la très puissante armée rouge soviétique. Et bien, ces types sont tout sauf des faciles, particulièrement rancuniers, et le comportement de l'état français les a fortement agacé en appuyant trop fortement un gouvernement non représentatif à leurs yeux car non issu des urnes. Rappellez vous le détournement d'avion en 1994, ou les pirates de l'air du GIA avaient vainement tenté de décoller en direction de Paris pour parait-il, se dézinguer contre la Tour Eiffel. On a bien évoqué à l'époque l'action commando du GIGN, mais beaucoup moins les motivations du groupe islamique. Comme d'habitude, on a parlé de ce que tout le monde a vu, mais pas du tout des raisons de l'action.

Depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et les événements se sont bousculés, voire télescopés... notamment un certain 11 septembre 2001, la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak, la Tchétchénie... De quoi agacer des gens par forcément intégristes à la base et radicaliser certaines positions déjà potentiellement en germe depuis pas mal de temps.

Et la France là dedans? Et bien, la France est en Afghanistan ou elle combat les Talibans, est présente un peu partout en Afrique ou elle y fait la pluie et le beau temps. Ce qui agace terriblement les fondamentaux religieux musulmans qui veulent se réapproprier cette partie du monde et y rétablir le grand Califat. Et certains d'évoquer le prochain terrain de jeu des islamistes, le Sael, cette région aride au sud du maroc et de l'Algérie, ou pourrait bien se produire un conflit à l'Afghane... avec la France en ligne de mire.

Depuis le GIA a pris une nouvelle appellation, pas forcément controlée, "Al Quaida Maghreb". Rappelons qu'Al Quaida n'est en rien une entité structurée, mais une nébuleuse constituée de cellules imprévisibles et autonomes. Une sorte de label estampillé, une franchise inspirée des préceptes de Ben Laden. Pour etre clair, les attentats de Londres ou Madrid n'ont jamais été commandités par Oussama. Ben Laden est à Al Quaida, ce qu'était Marx au communisme, un inspirateur ou idéologue, un maitre à penser, point! Le reste ce ne sont que des conneries trop énormes à ingurgiter, surtout quand elles sont véhiculées par les médias avides de simplifications ou raccourcis faciles pour cerveaux disponibles.

Donc, tout ça pour dire, que les islamistes nous en veulent pour beaucoup de choses, et le fait que Chirac, grand ami des Arabes, prenne sa retraite présidentielle, est un signe qu'il ne faut pas négliger.


Un détail pour illustrer les propos: la page de garde du dernier bouquin d'Antoine Sfeir représente un 747 qui se crashe sur la Tour Eiffel...

LA PENSEE DU JOUR


Je le savais: à peine élu, il n'est question que de Sarkozy, matin , midi, le soir, la nuit, dans nos reves et surtout dans nos cauchemars.

Nicolas fait du bateau, va à la peche, fait du jogging, retrouve Cécilia, reçoit plein de gens, fait de la figuration avec Chirac, Thuram ou Youssou N'Dour, convoque Hubert Védrine (la seule bonne nouvelle de la semaine), bouffe des loukoums, chante Barbelivien ou sardou... bref, Nicolas est de partout (Big Brother?), et pour 5 ans au moins.

Et tout ceux qui pensent que ça pétera avant et qu'il sera obligé de démissionner avant terme, peuvent se fourrer le doigt dans l'oeil jusqu'au fond du cerveau. Ce mec voulait le pouvoir, il l'a, et fera tout pour ne JAMAIS le quitter avant terme! Soyez tranquilles ou inquiets, c'est selon.

Un truc qui m'a halluciné: d'aucuns ont souligné le coup de fil reçu par Sarko le soir de son élection, venu des USA. A l'autre bout de la ligne, George W. Bush. Et ces memes de s'exclamer, "C'est pas rien quand meme, le premier coup de fil, c'était celui de Bush, le président des Etats Unis". Ouais, c'est pas rien en effet. Recevoir son premier hommage de la part d'un mec corrompu jusqu'à la moelle, stupide comme un ane texan, peut etre bientot frappé "d'empeachment" (procédure de destitution) suite aux mensonges de la guerre d'Irak (d'ores et déjà perdue),et les collusions entre le complexe militaro-industriel yankee et sa propre famille. Effectivement, ça le fait, et laisse augurer du meilleur!

Et au fait, à votre avis, quelle sera la toute première décision de Little Big Man? Un référendum, qui aménagera la constitution de la V ème république, dans le but d'accentuer le role du chef de l'état au détriment de celui du premier ministre, bref d'augmenter sensiblement ses pouvoirs déjà fort étendus. Pas moins! Du sur mesure, je vous dis!

Et vous savez quoi, les Français approuveront en masse, je les connais trop bien!


Une dernière pour rigoler: Sarko devrait arreter les UV. Il est tellement foncé maintenant, qu'il va finir par s'expulser lui meme par charter!

mercredi 9 mai 2007

La Phrase du Jour 84


"L'homme a créé des dieux ; l'inverse reste à prouver".


Serge GAINSBOURG.

NOTHING COMPARES 2 U




La petite Irlandaise au caractère bien trempé (souvenez vous de son happening anti Jean Paul II) s'était fait composer spécialement ce titre imparable par Prince à la fin des années 80.

Le bougre à talonnettes avait du nez, et "Nothing Compares 2 U" se propulsa illico en tete des charts. La petite Sinead possède un beau filet de voix, il faut bien en convenir. Sur "Nothing Compares 2 U", c'est meme pharamineux.


Pas une facile la mère O Connor! Aucune concession dans sa carrière! Elle choisit avec qui elle veut bosser sans aucune compromission quelle qu'elle soit (Peter Gabriel, U2) quitte à ne pas figurer toujours dans les play lists branchouilles et insipides.

Résultat: une vraie carrière d'artiste exigeante et véritablement impressionnante au vu de ceux qui voudraient éventuellement se pencher sur le résultat global de sa discographie.

Son dernier album "Theology" est une pure merveille, meme si visiblement Sinead est redevenue mystique et n'en veut plus trop à Jean Paul aujourd'hui décédé, il est vrai.

Quand à moi, si le mysticisme se décline avec une réussite aussi exemplaire, je ne suis pas trop contre (sur un plan artistique).

Alle, on retourne quand meme aux fondamentaux avec le titre de Prince qui révéla la chanteuse au look aussi radical que sa petite personne.


"NOTHING COMPARES 2 U" de Sinead O CONNOR.