dimanche 30 septembre 2007

La Pensée de la Nuit



«Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats.»

Nicolas MACHIAVEL.

Tout spécialement dédié aux fans de Ségolène ROYAL ou Nicolas SARKOZY, et plus présisément aux adeptes de la Politic Academy...

PROVOK !



« Je crois que l'on vit dans une époque absolument burlesque ».

Jean Jacques BEINEIX.

REHAB LIVE



Pour être très franc, et je me dois de vous le concéder, je suis devenu fan absolu de la petite Amy.

Enfin un nouvel énergumène rock et femelle en sus ! Bon dieu, elle assure vraiment. Surtout quand elle n'est pas trop défoncée ou bourrée au Jack Daniel's. Du haut de de ses 24 ans et des poussières, la nouvelle diva, rivale de Keith Richards à la brunitude assumée, se fend de happenings dignes des plus grands de la catégorie.

L'autre soir en plein set TV et en direct, elle assène à Bono l'Irlandais qui en est resté interloqué et qui depuis, cherche à entrer dans la clandestinité la plus absolue :

"- Toi tu fermes ta gueule et tu te casses !", ne supportant visiblement pas les péroraisons en direct un peu longuettes du chantre numéro un du caritatif tendance.

Courageuse la gueuse, non ? En fait, Amy n'a peur de rien. A son producteur qui lui demandait de faire une cure de désintoxication, elle lui répondit :

"-No, no, no !".

Et ce qu'il y a de plus culte, c'est qu'elle fit de son propre rejet thérapeutique à l'endroit de son "ponctionneur professionnel" de dividendes artistiques, une chanson absolument magnifique et imparable. Et que cette chanson est devenue un hit international. Alors pour vous prouver une fois de plus que la mère Winehouse n'est pas qu'un épiphénomène bourré de colorants et d'OGM, une interprétation live s'impose. Et il n' y a rien à faire, la voix est toujours là, toujours aussi impressionnante, même si sa choucroute factice pose visiblement problème à la délicieuse Amy.

Une meuf comme je les aime: rebelle et guerrière !

"REHAB" de Amy WINEHOUSE.

CHARMED LIFE



Oyez oyez, gentes damoiselles et gents damoiseaux. L'on me fait savoir que Sir Michael Philipp Jagger de Datford, nous fera l'honneur de présenter le 1 er octobre de l'an de grace 2007, sa première compilation de chantre et gentil troubadour solitaire en disgrace de sa troupe favorite, à savoir les Pierres qui Roulent.

Cette compilation discographique contient trois inédits du poète du temps jadis et de la scène actuelle et à venir, à la moue boudeuse, à la lèvre lippue, au regard de félin, au fessier altier, et l'organe proéminent, largement mis en valeur par des tenues scéniques explicites et diaboliquement calculées. L'un des titres, "Charmed Life" est une merveille à la rythmique sautillante dans le plus pur style "Hide Away". La compilation estampillée fort originalement "The Very Best of Mick Jagger", comprend 17 titres dont une version inédite du cultissime "Memo From Turner" extrait de la BO de "Performance", déjà cité à maintes reprise sur ce propre support interactif.

J'ai pu ouïr tout ou partie de l'opus discographique de la diva, et ma foi, foin de toute volonté à mon endroit de faire la promo pécuniaire de Mick la boudeuse magnifique et volcanique, mais force est de constater que les contines musicales véhiculées par cette nouvelle rondelle binaire, facilitent diablement les contorsions les plus inopinées du bassin, même lors d'écoutes furtives et imprévues de la chose.


Bref, une indispensable voire incontournable acquisition pour tout fan de la Mick, voire une très heureuse surprise mélodique à venir, pour ceux qui ne connaitraient Michael Philip qu'au travers de ses turpitudes scéniques et classieuses, avec son orchestre de bal rock'n rolleux et confidentiel, qu'on surnomme mystérieusement les Rolling Stones.


Mick est grand, et les Rolling Stones sont ses prophètes !!!


ROCK' N ROLL !

INTOLERANCE



"Tout véritable artiste devrait, à quelque moment de sa vie, essayer de réaliser au moins un film, pour la postérité, pour la vérité, pour la beauté, tout en sachant parfaitement bien que ce ce film ne sera pas populaire, pas davantage d'ailleurs que du Shakespeare, du Homère, n'est "public". En recherchant le vrai et le beau, il ne devrait pas trop se préoccuper de l'avenir financier de son entreprise car un succès d'argent n'est pas nécessairement une grande chose, loin de là...".

David W. GRIFFITH évoquant son chef d'oeuvre "INTOLERANCE" en 1916, qui est à l'origine de la narration et du langage cinématographique actuels: travellings, plans panoramiques, utilisations de caches, montage parallèle (procédé inédit à l'époque consistant à raconter plusieurs histoires simultanément), acteurs formés spécifiquement pour le cinéma afin de développer un jeu moins statique qu'au théâtre, et photographie somptueuse à base de colorations bleutées et sépias selon l' "atmosphère et l'ambiance" des séquences narrées. Après le cinéma guindé composé uniquement de plans fixes, le septième art s'animait véritablement.

Le film de Griffith durait trois heures (un record à l'époque), et racontait l'intolérance à travers les âges. Pour la petite histoire, la "séquence française" relatant le massacre de la Saint Barthélémy en 1572 à Paris, fut interdite sur les écrans nationaux à sa sortie.

Eminemment raciste et à l'idéologie nébuleuse (Griffith aimait à glorifier les états du sud et le Ku Klux Klan !!!), "INTOLERANCE" n'en constitue pas moins l'un des piliers de l'histoire du cinéma, une date incontournable du grand écran. Tous les plus grands cinéastes se sont inspirés de près ou de loin de l'oeuvre de Griffith (Eisenstein, Welles ou plus récemment Coppola).


Et comme l'avait prévu le réalisateur visionnaire, son film ne lui rapporta pas un dollar de bénéfice, mais le fit entrer dans la légende cinématographique. Griffith devait former avec Charles Chaplin et Mary Pickford la "United Artists" en 1918, ce qui permit à ses créateurs de réaliser des oeuvres personnelles et ambitieuses, protégées des diktats commerciaux des lois du marché.


Un exemple à méditer...

COMMANDANTE CHE GUEVARA



Dans quelques jours, les authentiques gauchistes et les révolutionnaires de salon vont célébrer, et pas forcément de concert, l'anniversaire de la mort du Che, il y a 40 ans, par la grâce de milices boliviennes armées par la CIA en octobre 1967.

Il faut être purement aveugle voire ignare pour ne pas connaître la trombine d'Ernesto. Pourtant si tout ou partie de l'humanité connaît son visage pour des raisons pour le moins éclectiques, peu connaissent véritablement le parcours héroïque de l'icône mythique aux origines argentines.

Et c'est bien regrettable. Car Guevara vaut encore plus que sa légende. Si d'aucuns arborent fièrement son effigie christique par posture opportuniste, ils feraient bien de s'inspirer de son itinéraire absolument irréprochable tant sur un plan idéologique que purement humain. Si le terme "héros" peut s'adapter à un personnage historique, reconnaissons qu'il était spécifiquement taillé pour le Che. Et si l'on regarde bien, il y en a eu peu de véritables "héros" dans l'histoire récente. Et personne n'a été capable jusqu'à présent d'entacher sa mémoire. Tout simplement parce que les faits l'attestent, rien ne l'autorise. Le Che reste et restera, un incorruptible qui ne fut jamais corrompu. Un type qui est né dans le confort bourgeois de Buenos Aires, et qui a découvert fortuitement le continent sud américain et son insoupçonnable misère. Il adhéra aux thèses marxistes, rencontra Fidel, et forma une armée de guérilleros à Cuba pour renverser l'infâme Batista. Ce qui fut fait début 1959.

Le Che devint ministre à Cuba. Les premiers billets de banque de la nouvelle ère castriste portaient d'ailleurs la signature du "Commandante". Puis ce fut l'affaire de la "Baie des Cochons" en 1961, quand les USA tentaient de renverser Castro avec l'aide d'exilés cubains et déjà la CIA. Fiasco complet. On organisa alors un embargo autour de Cuba. L'URSS apporta son aide économique au bijou des Caraïbes. Puis c'est l'affaire des missiles en 1962. La Russsie aurait installé des missiles chez Castro, menaçant l'Amérique de Kennedy. Mais les USA avaient eux aussi installé leurs propres missiles en Turquie, à la frontière soviétique. Kennedy et Kroutchev dealent chacun leur retrait. Pendant ce temps, le monde a frôlé une autre guerre, nucléaire cette fois. Kennedy est assassiné en 1963, on accuse Castro ce qui s'avérera bidon. Puis le Che se rend en URSS. Il en revient écoeuré, constatant avec horreur la réalité d'un pouvoir centralisé déconnecté des revendications du peuple soviétique. Il le fait savoir à Castro. Les deux hommes s'enferment pendant 48 heures. L'engueulade est homérique. Guevara rédige une longue lettre que Castro lira au peuple cubain, signifiant que le Che a décidé d'allumer "mille Vietnams" dans le monde, pour combattre l'impérialisme américain, mais il quitte Cuba. Le "commandante" aime l'action et les idéaux, pas le confort d'un ministère et la gloriole d'un pouvoir toujours suspect, à ses yeux. Habilement relooké, le Che se rend en Afrique centrale. Il y rencontre les dirigeants locaux pour y exporter "sa" révolution. Il est présenté à Kabila notamment, et en dresse un portrait au vitriol. Dépité, il quitte le continent africain, trop corrompu selon lui.

Il terminera son parcours de guérillero en Bolivie. Lâché par Castro, sur les ordres formels de l'URSS et de ses dirigeants, il sera abattu comme un chien par des rangers boliviens, encadrés par les renégats de l'Agence. La légende était alors magnifiée. Le Che devenait le symbole d'un idéal révolutionnaire qui a laissé beaucoup de traces concrètes, ce qui n'était pas vraiment prévisible sur le papier. En effet, si les années 70 se sont traduites en Amérique Latine par un cortège macabre de dictatures plus sanglantes les unes que les autres, le vingt et unième siècle a vu le continent virer dans une idéologie socialiste manifeste. Brésil, Chili, Venezuela, Bolivie, font front commun, réorganisant le tissu social sud américain, modifiant les rapports de force vis à vis du voisin félon nord américain.

Tous ces nouveaux dirigeants se sont inspirés de la révolution cubaine et du parcours d'un Che, célébré en Amérique latine comme un héros universel.

Un vaillant groupe punkoide teuton à réadapté curieusement le hit révolutionnaire de Carlos Puebla. Le résultat s'avère assez bizarre, voire destroy, mais beaucoup plus "révolutionnaire" que la version de 1997, yaourtée par Nathalie Cardone.


"HASTA SIEMPRE" par BOIKOT.

vendredi 28 septembre 2007

La Phrase du Jour 182



«Il y a de nombreuses manières d’écrire une histoire. Le sensationnalisme n’en est pas une.»

Bob DYLAN.

FILS DE TOUT LE MONDE




"Y en a qui naichent avec dans leurs bercheaux,
les milliards de leurs pèèreeuuu.
On leur apprend queuuu tuuu peut chacheter,
Ah que oui, les jaffaires chont les jaaaffaireuuuu.
Mais pas moi, non pas moi, jeeuu ne chuis pas né milliardaire.
Mais pas moi, ah que non pas moi, geuu chuis le fiche de perchonne...".



"Fils de Personne" cover francophone du tube dévastateur et fortement protestataire, voire contestataire de John Fogerty, leader classieux et irréductible du mythique Creedence Clearwater Revival. Titre original "Fortunate Son".

Là on a droit à une version yaourtée du tube, dont les paroles(édulcorées) étaient signées Philippe Labro.

Sacré "Jauni".

Il a tout fait dans sa vie notre "Jauni". Né Français, d'origine Belge et élevé par des Américains. Ensuite il débute dans le rock, puis devient idole yéyé, tente de se suicider (Ah que "Noir c'est Noir"), adopte les us et coutumes du mouvement psychédélique ("Voyage au Pays des Vivants"), expérimente le mouvement hippie ("Jésus Christ", "San Francisco"), le hard rock, le blues ("tuuute la muziquueeeuu que j'aiimmeeuu"), la variétoche, se fait composer des chansons par Labro, Long Chris, Goldman, Berger, Obispo, De Palmas, etc... reprend tous les tubes anglo-saxons des sixties ("Le Pénitencier", "Noir c'est Noir", "Fils de Personne"...)... soutient Giscard d'Estaing en 1974, Chirac en 1981, Chirac en 1988, Chirac en 1995 (là ça marche!), Chirac en 2002 (rebelote), Sarkozy en 2007 (ça marche aussi). Après avoir été Belge, Américain d'adoption, puis Français, il veut s'installer en Suisse via la Belgique pour devenir Monégasque. Compliqué le "J'honnis". Mais là ou l'"Idole des Vieux" fait preuve d'une grande clairvoyance "politique", c'est qu'on a du lui dire qu'à Monaco ça fait longtemps qu'on pratique "l'immigration choisie".

Donc il est bien temps de se remémorer cette chanson du "Jauni". Écoutez bien les paroles. Notre héros bien français pour le coup, fustige l'armée, le grand capital et les fonctionnaires. Un vrai discours d'anarchiste, dis donc !

En ce qui concerne l'armée, le "Jauni" s'est bien calmé. Le grand capital, simple, il a soutenu son plus féroce défenseur. Par contre, notre exilé fiscal tient toujours rancoeur à ces grosses "feignasses" de fonctionnaires puisqu'il tire toujours à boulets rouges sur les représentants du Trésor Public, se fendant quelques fois de slogans politiques relevant dans le meilleur des cas, de thèses propres au Café du Commerce, voire du poujadisme le plus éculé.

Les bourrins du samedi soir, adeptes de maillots à l'effigie du rocker national et de la beuverie parrainée Kronembourg, prétendent avec force détermination, que le Jojo aux mèches dorées, à la cirrhose de plus en plus spectaculaire et au QI de laitue, est le seul digne représentant du rock dit "français".

Sauf que Hallyday a à peu près été tout et son contraire, que le rock à la "Jauni" relève plutôt de la variété dopée aux stéroïdes d'opérette. Surtout, il n'a jamais composé le moindre titre s'apparente plutot à un karaoké modal. Un comble, pour un "grand" artiste ! Et que si le Jojo remplit les stades, ça n'est qu'en France. Fait unique pour un "grand" de la "chanson française" ! Et puis, quand il "chantait" du rock comme sur cette video en 1971, il trouvait le moyen, même quand sa prestation était plus qu'honorable, d'oublier de brancher sa guitare électrique sur le courant, accentuant l'effet ringue de son playback et de sa tronche "déterminée" de circonstance. Donc flinguant au passage toute crudité ou urgence rock'n rolleuse. Sacré "Jauni" !

En tous les cas, l'adage issu du "bon sens populaire" (je préfère la notion de "connerie millénaire", plus appropriée) nous explique que "seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis". Et si le "Jauni" a lui tout seul, nous démontrait exactement l'inverse !

Ah au fait, il parait que trop boire rend con. Là "Jauni" confirme la thèse.

OOPPPTTICCC DEUUMMMILLEUUU !!!


"FILS DE PERSONNE" de John FOGERTY, interprété par Johnny HALLYDAY en 1971.

ARTY !



«Un tableau était une somme d'additions. Chez moi, un tableau est une somme de destructions.»

Pablo PICASSO.

dimanche 23 septembre 2007

SHIP OF FOOLS



"La Nef des Fous" version Plant, issue de son album "Now and Zen" en 1987.

Que dire... Toujours aussi beau, une voix à tomber par terre, une orchestration à damner un saint.

Il y a des jours ou l'on n'a peu envie de goûter aux joies et délices de la formulation qui tue, surtout devant tant de beauté évidente.


"SHIP OF FOOLS" de Robert PLANT en 1987.

vendredi 21 septembre 2007

HOLD ME, THRILL ME, KISS ME, KILL ME




En 1995, les producteurs avisés des précédents "Batman" de Tim Burton, quémandent à
ce dernier une nouvelle suite des aventures du héros de Gotham City.

Mais Tim n'en à plus rien à moudre du cintré en collant noir qui se déguise en chauve-souris la nuit. Après avoir sérieusement écorné le mythe dans les deux précédents opus noirs et bleus, Burton ne veut plus remettre une couche supplémentaire aux graves dégats causés sur la mythologie nocturne du héros névrosé.

Las, les producteurs dépités se mettent en quête d'un réalisateur moins obstiné que Tim l'espiègle, noctambule et misanthrope. Ces ânes bâtés feront alors appel à l'un des pires tacherons d'Hollywood, Joel Schumacher, certainement ce qui se fait de plus lourdingue au cinéma. A coté de Schumacher, même la dernière réalisation d'un Claude Berri s'apparente à un monument de finesse et de délicatesse onirique. C'est dire.

On va alors mettre le paquet pour dissimuler l'absence totale d'univers propre au réalisateur et surtout, donner corps à une bouffonerie qui n'existait auparavant que grâce à l'anachronisme et au second degré magique de l'univers d'un Tim Burton toujours inspiré.

Val Kilmer sera "Batmou", Jim Carrey, l'un des méchants, Tommy Lee Jones, l'un des autres méchants. Le résultat sera encore plus calamiteux que toutes les pires prévisions envisagées. Les images, entre autre, sont d'une laideur hallucinante, la mise en scène molle du genou, les acteurs absents, tout comme le scénario ! Du Schumacher à l'état pur ! Comme quoi, adapter une merde comme "Batman" au cinéma, peut s'avérer un coup de génie somptueux quand on s'appelle Tim Burton, mais délibérément calamiteux quand on est seulement un imprimeur de pellicule recruté sur les critères d'un box office consternant.


Il n'empêche, "Batman Forever" fera un carton au box office, de par un marketing assidu, épaulé notamment par cette vidéo assez réussie qui fut l'un des moteurs essentiels pour la promotion de ce navet ultime. La chanson a été écrite et interprétée par la bande à Bono, avec une clip assez proche dans l'esprit, du "Batman" version 1967, sommet du kitsch déconneur et décalé.


"HOLD ME, THRILL ME, KISS ME, KILL ME" de U2 en 1995.

jeudi 20 septembre 2007

DISCOTHEQUE



1997. U2 sortait son nouvel album, intitulé "Discotheque".

Qu'en dire. Bof! Pas terrible. Et ça n'était que le début d'une série d'albums purement insipides, tellement calamiteux qu'il est impossible d'en dire plus. On s'ennuie ferme dans les dernières productions de la bande à Bono.

Le groupe irlandais subsiste par survie artificielle tel un Ariel Sharon dans sa salle de réanimation. Un groupe sous perfusion, assisté par une maison de disques qui lui permet encore d'exister officiellement. Oui, le groupe remplit toujours les salles, mais l'inspiration, ou est-elle Au niveau discographique ? Stopper une carrière et se consacrer à la planète ou autres malheurs mondiaux, tout ceci est honorable.

Mais bon dieu, un peu de panache que diantre. Flinguez votre groupe, il n'a plus rien à dire. Bon, je vous le concède, il est trop tard pour l'overdose fatale ou autres gimmicks rock'n rolleux usuels. Mais bon, il y a aussi d'autres moyens d'exister et alimenter une formation aphone et stérile au niveau de l'inspiration que par le remplissage numérique de galettes soporifiques, non ?

Allez, une parodie de Village People, qui a le mérite de véhiculer un peu d'humour, mais qui affiche quand même déjà 10 ans au compteur...


"DISCOTHEQUE" de U2 en 1997.

SHOUT



C'était les années 80. Un voile noir était tombé sur le monde, et notamment en Grande Bretagne. Miss Maggie tenait les rênes du pouvoir et y allait fort. Les Anglais ne s'amusaient plus. Ainsi naquit la new wave.

Foin de chevelus hirsutes, fini les jeans délavés, à mort les baskets trouées. La "classe" imposait son diktat Il fallait être "branché" (le terme "tendance" n'étant point encore usité). Donc, les costumes noirs se vulgarisaient ainsi que les coupes courtes. L'aspect le plus saugrenu, c'était bien l'idée qu'il fallait tout de même s'éclater sur les rythmes échevelés et abscons de séquences samplées à l'origine douteuse, et à la binarité assumée. Vous avez déjà essayé de vous déchirer sur "Orchestral Manoeuvre in the Dark" ? En ce qui me concerne, ce type de challenge relevait tout simplement de l'exploit olympique. Pourtant, il me souvient d'une de mes "relations", un grand connard d'une stupidité sans égal et au passage, d'une pingrerie surréaliste, qui donnait le "la" à la mouvance du moment.

C'était un commercial (déja, j'arme mon revolver), d'un ridicule à toute épreuve. Il se la pétait grave. Costard noir, cravate, mocassins marrons après 20h, et chaussettes blanches. Et la mèche tombante sur les yeux, évidemment de rigueur. Le comble du bourrin. Ce dernier était d'une bêtise à bouffer du foin, nous assénant ses certitudes à deux balles à l'envie, et l'alcool aidant, nous vantant ses histoires de cul nauséabondes de VRP multi-cartes, aux succès amoureux tout aussi douteux que l'épaisseur de son portefeuille d'actions. Car ce crétin était riche comme Crésus. Mais quand soudain, "Shout" résonnait dans les HP de la sono, notre "phénomène" se métamorphosait. Son coté "animal" transperçait sa carapace d'homme d'affaires avisé. La bête de sexe entrait en scène. Du moins, il en était persuadé.

Et là, commençait la séance initiatique. Vous avez déjà vu ce genre d'individu s'éclater sur les dance floors ? C'était le type de sketch que je ne voulais rater sous aucun prétexte. Le buste rigide, les poings tendus et les coudes repliés, il ressemblait à André Malraux en pleine crise de Parkinson. Sauf que ce con de Pascal (c'était son patronyme) avait 50 ans de moins que le très célèbre ministre de la culture ex-gauchiste devenu gaulliste, et ne possédait pas le moindre talent, dans quelque domaine que ce soit.

Et tout le monde faisait semblant d'admirer son groove, son sens du rythme... et plus il dansait, plus on crevait de rire. Un soir ou l'"artiste" se sentait particulièrement inspiré, notre auditoire réduit le galvanisant, Pascal nous réalisa un "soleil" aussi imprévu que parfaitement involontaire et alla se crasher sur une donzelle qui dégustait un cocktail particulièrement fourni en garnitures diverses. Le compagnon de la gueuse conclut qu'il s'agissait là d'une tentative de séduction inopinée de notre hidalgo de supérette à l'endroit de sa bien aimée. Ce dernier, fort marri, asséna alors un coup de poing d'anthologie dans la tronche de notre hepless dancer qui y perdit trois dents et la forme originelle de son appendice nasal.

Dès ce jour, je ne revis plus jamais Pascal jouer les Rudolf Valentino sur les dance floors des années 80, même quand "Shout" résonnait à tue tète dans les HP de la sono.

Une époque était définitivement révolue.


"SHOUT" de TEARS FOR FEARS en 1984.

PAROLE D'EXPERT




"Nous, on n'a jamais annulé un concert pour une affaire de dope!".

Keith RICHARDS a l'attention d'Amy WINEHOUSE, toute aussi connue pour ses frasques éthyliques et narcotiques, que par ses chansons. Son dernier tube "Rehab" ("Réhabilitation"), mot d'argot signifiant " cure de désintoxication", est un véritable carton aux USA et en GB. La plantigrade ténébreuse porte magnifiquement son nom qui n'est en rien un patronyme d'emprunt ("winehouse", "maisond du vin"). Ca ne s'invente pas !

Le Keith sigifiait son courroux à la belle Amy, qui a annulé plusieurs premières parties de concerts des "Pierres qui Roulent".

Keith serait-il jaloux car affronté sur son propre terrain par une môme qui pourrait être sa fille, et qui maîtrise tout comme lui et à la perfection, la Jack Daniel's attitude ?


Rock'n roll !!!

GIMME SHELTER LIVE



Une version purement atomique du "Gimme Shelter" de "Let it Bleed". La choriste des Stones allume littérallement l'incendie au pays de Mao. Sa prestation lyonnaise fut, on se le remémore tous, toute aussi inoubliable.

Constatons une nouvelle fois, que plus de trois mois après le concert du Mick de Datford et de ses joyeux complices rock'n rolleux, il s'avère impossible de se désintoxiquer de ce fameux concert du 18 juin à Gerland.

Assister à un concert des Stones, c'est se vacciner à vie à la Stonemania, sceller un pacte avec la Jagger Touch, kiffer les riffs richardiens jusqu'à l'extinction des feux, se déhancher le squelette sur le beat métrononomique du Watts jusqu'à l'épuisement final, s'immerger dans les solos du Ronnie jusqu'à la perte auditive définitive. Boire les Stones, jusqu'à plus soif quoi ! Mais justement, c'est impossible, on mourra avec. Et tant mieux! Au moins, on sera bien accompagné !

La preuve en images et en musique !



"GIMME SHELTER" des ROLLING STONES capturé live en Chine, en 2006.

mercredi 19 septembre 2007

EXPOSURE




A l'origine "Exposure" est un titre co-écrit par Robert Fripp et Peter Gabriel, et figurant sur le tome deux de ce dernier.

Robert Fripp est le fondateur du mythique King Crimson et théoricien avant-gardiste écouté avec attention par tout ce qui se faisait de plus pointu dans le domaine. Il a travaillé pour à peu près tout le monde dans l'univers progressif, distillant ça et là ses thèses novatrices, philosophiques mais quelques fois aussi, complètement à coté de leurs pompes. Il est à l'origine de différents types de "mouvements" musicaux furtifs parfois passionnants mais souvent aussi, chiants comme la pluie.

Bref, si Fripp impressionna à l'époque du "Roi Cramoisi", sa carrière musicale n'est devenue qu'une suite d'anecdotes sporadiques largement dispensables, car rien de sa discographie post-crimsonienne ne suscite vraiment un réel enthousiasme, loin s'en faut.

Considérons donc la fripouille plutôt comme un théoricien musical surdoué, mais qui n'a vraiment transcendé son art avec le Crimson, mais plus vraiment a posteriori.

Démonstration.


"EXPOSURE" de Robert FRIPP et Peter GABRIEL, par Robert FRIPP.

mardi 18 septembre 2007

POLITICS


Alors, on récapitule...

Allongement du temps de travail par la suppression progressive des préretraites, alignement des régimes spéciaux sur le régime des fonctionnaires, nouvelle "réforme" des retraites privées, assouplissement des trente cinq heures (autant dire allongement du temps de travail pour tous), facilité accrue du licenciement par l'"assouplissement" des contrats de travail, franchises médicales en 2008 pour tous les assurés sociaux, appel aux fonds privés pour financer les personnes dépendantes... donc à terme, privatisation progressive larvée du système social français.

Cependant, les golden parachutes et leurs non-indexations sociales ne sont aucunement évoquées... si c'est pas du libéralisme sauvage tout ça !

On va bien rigoler. Bientôt, on va voir des petits vieux prendre leurs retraites à 70 ans, ou si le montant de leur pension s'avère insuffisante devenir aide-déménageurs ou serveurs chez Mac Do comme au Japon ou aux USA. Et qu'est ce que vont devenir les retraités dépendants qui n'auront pas les moyens de la financer, leur "aide à la dépendance privatisée". Parallèlement, tout ceci me nous ramène au fameux slogan "travailler plus pour gagner plus". Cela va être difficile. Ce sera exactement l'inverse: "travailler plus longtemps pour gagner moins", une population plombée par des prélévements supplémentaires (franchises et bientôt TVA "sociale" pour financer les trous budgétaires occasionnés par des cadeaux fiscaux à l'endroit d'une infime minorité). Ça y est, on y est bien! La voilà, la France d'après. Et la majorité des Français voulait ça, à 53%...

Le problème, c'est que moi je n'en voulais pas. Et on est plusieurs millions comme ça. Alors faites gaffe, votre "projet" on ne le supporte pas du tout, on l'a déjà en travers. Et que ceux qui le souhaitaient ne viennent surtout pas me couiner sur l'épaule quand il faudra avaler la pilule. La messe a été dite pendant plusieurs mois de campagne électorale gerbante, donc tout le monde connaissait le programme. Vous l'avez voulu cet ersatz de politique bouffonne qui fait hurler toute l'Europe ou l'Afrique ou le Moyen Orient par les aberrations politiques d'un état conduit par une bande de démagos libéraux et populistes. Le MEDEF, lui, est heureux il peut faire péter le Champagne. Tout sera à la charge des salariés, à tous les niveaux de la chaîne, et le syndicat patronal récupérera tous les bonus tant attendus.

Pendant que Kouchner devient le nouveau vrp de Bush, nous "préparant" à une guerre contre l'Iran. Soutien indéfectible à l'Amérique d'un has been et à Israel, et là c'est complètement nouveau ! Argument : l'Iran n'est pas fréquentable et menace l'état hébreu. Mais Kadhafi visiblement l'est, lui, fréquentable, puisqu'on on lui livre des centrales nucléaires, clés en main... Et Hortefeux avec son fichier "ciblé" par catégories ethniques... Même des gens de l'UMP hurle contre cette nouvelle "mesure" hérétique, invraisemblable et nauséabonde. Dati qui continue à se faire des ennemis dans toute la magistrature par son autoritarisme et sa méconnaissance des dossiers... on pourrait y passer des heures.

Bref, ça ne va pas être chaud mais bouillant. Mais ne nous leurrons pas. Les fonctionnaires, eux, vont déterrer la hache de guerre les premiers, mais les gens du privé, comme d'habitude, seront surtout "privés" de conflit. Ça, c'est notre principal problème.

De toute manière, on a énormément de chances de se retrouver dans la rue, si ça n'est pas le cas pour des retraites, ce sera contre cette guerre qui risque de faire des dégâts humains considérables, bien sur, mais politiques encore plus dévastateurs ! Et le terrorisme pourrait faire son apparition sur le territoire. L'"état de grâce", ça me parait bien plié !

Vive la France... d'après-demain !

La Phrase du Jour 181



"Serge Gainsbourg est le seul génie qui ressemble à une poubelle".

Pierre DESPROGES.

YOU GOTTA MOVE !




Break stonien et bluesy pendant le concert des Abattoirs à Paris en 1976. Les Stones nous assènent un monument d'anthologie deep south roots à faire pâlir d'envie et de jalousie tous les vieux blues men de la Nouvelle Orleans.

Le final impromptu qui redémarre en trombe finit de calmer les événtuels récalcitrants. Ce titre est issu du mythique "Sticky Fingers", retour aux sources magnifique d'un groupe en pleine possession de ses moyens.

C'est Billy Preston qui partage la vedette avec la diva des Stones...


"YOU GOTTA MOVE" des ROLLING STONES en 1976.

LOVE IN VAIN



Extrait du documentaire retraçant la tournée des Stones en 1969, et qui devait s'achever en décembre de la même année par l'assassinat de Meredith Hunter à Altamont, près de San Francisco.

Cette version de "Love in Vain", cover bluesy composé par Robert Johnson, est la plus belle enregistrée en live.

Le solo de guitare de Mick Taylor est à pleurer de bonheur. C'est d'ailleurs cette version qui figure sur l'album "Get yer Ya Ya 's out" paru en 1970.

Du travail d'orfèvres !


"LOVE IN VAIN" des ROLLING STONES en 1970.

MAD WORLD



A l'origine, un film fantastique sorti en 2001, "Donnie Darko", qui nous narre laborieusement l'histoire d'un ado qui a des prémonitions et qui sent donc arriver la fin du monde (ronflements).

A la sortie, rien que du réchauffé et un pataquesse philosophique bourré de glucose et d'OGM.

Mais une vraie surprise aussi. Cette chanson composée par le pire duo de toute l'histoire de la "muzak". Si ! Souvenez-vous, "tirzes fort firzes", les deux plus belles tronches de cake de la new wave ! Les nazes absolus, les ultimate branleurs. Ceux qui parodiaient ignomineusement Lennon avec des titres à rallonge blindés de bruitages psychédéliques pour faire "comme si", et qui n'y arrivaient décidément pas. Bref, de vrais "artistes" des années 80. Je me serais levé la nuit pour les claquer !

Bizarrement Gary Jules et le metteur en scène du film ont réadapté l'un des titres de Tears for Fears, "Mad World" de 1984, y ont oté toutes les guirlandes synthétiques bien encombrantes, et sont arrivés à un résultat plus qu'honorable, voire probant.

Et ça donne ça ! Et c'est superbe ! Comme quoi, tout le monde peut se tromper.


"MAD WORLD" de TEARS FOR FEARS de Gary JULES en 2001.

lundi 17 septembre 2007

HEY YOU



J'ai déja dit tout le mal que je pouvais penser de "The Wall" d'Alan Parker, réalisation ampoulée illustrant l'album décidément emphatique d'un Pink Floyd sur le déclin.

Mais ce crétin de Parker a réussi l'exploit insensé de passer à la trappe le plus beau morceau du disque, en l'occurence "Hey You". "Hey you" est l'un des rares morceaux du disque qui tienne vraiment la route, car dégagé de tous les oripeaux mélodiques ou "bruitesques" inconvenants, d'un disque manifestement dédié à tous les dépressifs structurels et sucidaires de la planète. Et ça fait du monde !

Heureusement, les chutes du film ont été conservées. Tout ceci n'apparait pas très compréhensible, voire toujours aussi fouillis et nébuleux (tout le film n'est-il pas de cet acabit ?), mais au moins, la mélodie et le chant restent toujours aussi beaux et énigmatiques, et l'ambiance est ainsi préservée.


"HEY YOU" de PINK FLOYD, extrait de "THE WALL" d'Alan PARKER EN 1982.

samedi 15 septembre 2007

PERFORMANCE TRAILER



Lorsque Chas le gangster psychotique rencontre Turner , la star androgyne.

Bande annonce originale du film "PERFORMANCE" réalisé par Nicholas ROEG en 1970, avec James FOX, Mick JAGGER, Anita PALLENBERG. Sex, drugs and rock'n roll garantis... avec en sus, de la violence.

Un film qui ressemble à un sale trip.

KIFF RICHARDS !!!



"Je n'ai jamais eu de problèmes avec la drogue. J'ai eu des problèmes avec la police".

Keith RICHARDS.

SWEET DREAMS



Selon certaines rumeurs certainement malsaines, Marilyn Manson se serait fait scier deux cotes de la cage thoracique afin de s'auto-administrer ses propres fellations. Il me souvient d'une phrase attribuée à Woody Allen, explicitant que se masturber était la meilleure manière de faire l'amour avec la personne que l'on aime le plus au monde, en l'occurrence soi même.

Ce cher Marilyn (étrange cette formulation) a visiblement réussi à mettre en application cet adage, ceci à l'envie ou à la lettre, c'est comme vous préférez.

D'ailleurs, une question me taraude soudainement l'esprit. Est ce pour cette raison que sa dernière compagne, top model de son état, l'a soudainement lourdé tel un déchet toxique ? Peut être estimait-elle, que Marilyn, auto-suffisant sexuellement, pouvait éventuellement se passer de ses services en la matière. Le mystère demeure donc entier à ce sujet.


En attendant la fin de cet insupportable suspense, "Sweet Dreams" adaptation gore du titre redondant et fatigant d'Eurhythmics (bâillements), vaut son pesant de cacahuètes. Le clip qui en a été tiré faisait entrer la mère Manson (c'est drôle, c'est plus facile à écrire !) dans la légende définitive du mauvais goût absolu, si propre à l'univers trashy de la vedette déglinguée made in USA. Du n'importe quoi, du peu ragoûtant, tellement affreux et kitsch que ça en devient forcément culte !


Observez bien la vidéo. Effectivement, il s'est fait scier les deux cotes. Allez, un petit stage au cirque de Moscou, et j'arriverais à réaliser des exploits similaires à ceux du chanteur gothique américain. Merci Marilyn !!!


"SWEET DREAMS" d' EURHYTHMICS par Marilyn MANSON en 1995.

vendredi 14 septembre 2007

STORMFISH TROMBONES



« Le Diable n’existe pas, c’est juste Dieu qui est bourré ».

Tom WAITS.

THE RHYTHM OF THE HEAT



Les créateurs d'animation du pays du soleil levant ont l'air carrément fans du plus gabriellien des titres de Peter Gabriel.

Extrait de l'album IV paru en 1982, rebaptisé "Security" depuis, "The Rhythm of the Heat" est un des musts de l'artiste. Que ceux qui ont assisté à la tournée "High Lights" en 1982/1983 me jettent la première pierre s'ils se sentent offusqués ou en désaccord total devant cette affirmation péremptoire !

Imaginez une salle blindée de 10 000 personnes, l'obscurité absolue, ce tempo hypnotique allant en s'amplifiant pendant de longues minutes, et cette rythmique cadencée qui vous emplit le corps finissant par vous posséder jusqu'à ce que vous ne puissiez plus vous en défaire... Une terreur magnifique qui vous envahit, et un cri strident qui vous explose les tympans, et à cet instant une salle qui s'éclaire de mille feux, des musiciens parfaitement en place, et un maître de cérémonie revêtu de grimages effrayants de sorcier vaudou... C'était littéralement impressionnant et inoubliable!

A cette époque, Peter Gabriel échantillonnait des sons multiples, issus de tous les horizons de la planète, quand il ne les sortait pas d'une décharge publique, située à 100 mètres de ses studios (TV crashes happenings !). Il expérimentait aussi d' étranges "voyages" initiatiques et mystiques, dans des tribus apaches ("San Jacinto"), et autres civilisations asiatiques ou africaines. "The Rhythm of the Heat" illustre sa fameuse théorie empruntée aux civilisations séculaires, voire millénaires, le "heart beat" beat... ce fameux rythme du battement de coeur adapté à sa musique. Écoutez bien les percussions de l'hymne pour vous en convaincre défintivement et son final dantesque, qui achève n'importe quel auditoire.

Et essayez simplement d'imaginer rien que l'espace d'une minute, l'effet d'un titre pareil sur vos neurones en live ! C'est bien simple, nous sommes tous alors entrés en transes, en convulsions, comme Gabriel d'ailleurs. Nous étions envahis de tremblements incontrôlables. Les démons vaudous s'étaient appropriés nos âmes et nos corps, et c'était foutrement bon et magnifique !

Somptueux.


"THE RHYTHM OF THE HEAT" de Peter GABRIEL en 1982.

jeudi 13 septembre 2007

COME TALK TO ME



Ah ce Peter Gabriel et ses problèmes relationnels. Lui, à l'époque, ça lui posait de sacrés tourments. Il n'allait pas trop fort. Psychothérapie, etc, etc...

Mais nous, ça nous rendait bizarrement heureux. Car plus le Peter était à la ramasse sur le plan affectif, meilleurs ses albums étaient. Certains froncent des sourcils et arborent un air belliqueux. Qu'ils me contredisent, les tristes sires !

Souvenez-vous : "Passion", "Us"... C'était mauvais tout ça ?

La preuve ? "Come Talk to Me" est un morceau désespéré et pourtant vous adorez, non ? Alors, foin d'hypocrisie.

Et un autre truc me sidérera constamment, jusqu'à la fin de mes jours. Cornemuses, rythmiques tribales, orientales ou africaines, percussions et guitares rocks, voix jazzy de Paula Cole, électronique calibrée... trouvez moi un autre musicien capable de rendre une telle ratatouille musicale digeste et si subtilement audible ? Simple, il n' y en a pas ! C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'adore, nous, le Peter !

Ce titre inaugurait les hostilités du "Secret World Tour" en 1993. J'ai pu assister d'ailleurs à deux shows radicalement différents cette année là. L'un en mai à Lyon, l'autre à Grenoble en novembre. Celui de Grenoble taquina le sublime...



"COME TALK TO ME" enregistré à Modène en 1993.

MELO MAN



«La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence.»

Miles DAVIS.

mercredi 12 septembre 2007

STEAM LIVE



Mai 1993, "Secret World Tour".

Le Gabriel, après une intro délirante sur "The Feeling Begins", enchaine "Come Talk to Me" et le deuxième tube issu de "Us", "Steam".

Et sur scène, ça fait mal !

D'abord, le début du morceau, complètement différent de l'album. Là, on a envie de dire, comme d'habitude. Et le band ouvre le feu. Pas de quartiers !

Les sons et les fumigènes pulvérisent un auditoire en liesse qui n'en attendait pas temps. Les varylights tournent à plein régime et des projections désuètes explosent l'écran. La session rythmique cartonne pleins tubes, Paula Cole pousse les vocalises, et le performer anglais manage l'ensemble avec classe et maestria.

Tout ça pour dire, que les fans attendent ton prochain disque avec impatience, voire agacement, Peter !


"STEAM" de Peter GABRIEL enregistré à Modène en 1993.

CINECULTE



"Celui qui s'appuie sur le peuple, s'appuie sur la boue !".

Luchesi (le fasciste de la Loge P2) à Vincenzo Corleone dans "LE PARRAIN III" de Francis Ford COPPOLA en 1990.

THANK YOU KIDS !!!



The Intruder, support pourtant très peu ambitieux à son origine (février 2007) vient de franchir le cap des 100 000 visiteurs ce soir.

Franchement, la direction envisagée n'était pourtant pas très claire, voire erratique, lorsque la décision fut enfin prise de réaliser cet étrangeté interactive. Les mots sont venus tous seuls, les portes de l'esprit se sont ouvertes, et les vannes délirantes ont suivi.

The Intruder privilégie la musique, le cinéma, l'humour noir, l'histoire et la politique. Mais pas ce qu'on appelle " vie politique", ou tout ce qu'on donne à gober au bon "peuple de France" par médias interposés, depuis quelques mois. L'allégeance est la mère du vice de l'information. Là, il n'y a rien à en dire, les faits parlent d'eux mêmes. Tout ça relève une très grande médiocrité, lorsqu'on n'atteint pas des sommets dans l'ineptie. Les "états de grâce" ayant une date de péremption rapide et une vie très limitée, attention aux semaines à venir. Les coups vont voler bas, et les gueules de bois s'annoncent pléthoriques, surtout pour un certain électorat.

Donc, plutôt que de se fourvoyer dans une actualité nauséabonde qui s'avérera bien plus chaude au niveau mondial, dans les temps à venir (vous avez remarqué ce calme étrange qui règne depuis quelques semaines, celui qui précède les tempêtes...), The Intruder continuera à pérorer sur ce qui lui tient toujours le plus à coeur, musique, cinéma, autobiographies, humour noir, anecdotes cinglantes ... mais bon, maintenant vous connaissez !

Quand à vous tous, merci d'être venus ... et continuez à le faire, vous êtes trop "cultes" !

Allez pour fêter ça, le classique des classiques ...


"LET IT BE" des BEATLES en 1970.

PORTRAIT POPULISTE




"Son intellect ne se repose jamais. Il a une espèce d'agitation perpétuelle d'idées. Dans l'impétuosité de sa nature, au lieu d'un train franc et continu, il s'avance par bonds et haut-le-corps. Il se jette sur l'univers et lui donne des saccades. Etre incompréhensible, qui trouve le secret d'abaisser, en les dédaignant, ses plus dominantes actions, et qui élève jusqu'à la hauteur ses actions les moins élevées.

Impatient de volonté, patient de caractère, incomplet et comme inachevé, il a des lacunes. La vanité française se bouffit aussi de la supériorité qu'il nous donne sur le reste de l'Europe. On se demande par quel prodige, lui, si ennemi du peuple, a pu arriver à la popularité dont il jouit...".


Il s'agissait là d'un portait de ... Napoléon, extrait des "Mémoires d'Outre-tombe" de CHATEAUBRIAND.

ANTI CONSENSUS



«La route de la vertu n'est pas toujours la plus sûre, et il y a des circonstances dans le monde où la complicité d'un crime est préférable à la délation.»


Le MARQUIS De SADE.

Extrait: "Justine, ou les Infortunes de la Vertu".

Une phrase absolument superbe, que les Français mettent un malin plaisir à ne pas mettre en application dans leur immense majorité.

Société panurgiste et lâche due à une époque désengagée sur le plan philosophique, ou éternel bégaiement de l'histoire, ou la norme et l'autorité d'un pays prévalent souvent sur la morale, l'humanisme et les injustices flagrantes. A chacun son avis.

mardi 11 septembre 2007

CINEMA, CINEMAS



«Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire.»


Henri-Georges CLOUZOT.

CINECULTE



Mina Harker, réincarnation d'Elizabeta, au Prince Vlad dit "Dracula":

-"Je vous en supplie, aidez moi à quitter ce monde de morts qui m'entourent, et ainsi rejoindre le votre".

Photo extraite du film "DRACULA" de Francis Ford COPPOLA en 1992.

ROMANZO CRIMINALE




Sardaigne, Italie en 1972. Autobiographique.

J'étais gamin. Mes parents avaient décidé de m'envoyer en vacances dans ma famille proche, au nord de la Sardaigne. Bof, j'avais pas trop envie. Et puis, la famille moi, c'est pas trop mon truc. Je me souviens avoir pris le bateau à Toulon et que durant la traversée, les dauphins avaient suivi le navire. C'est la première fois que je voyais des dauphins pour de vrai!

J'arrivais donc en Sardaigne, terre de mes ancêtres paternels. Beatrice, donc, petite cousine de mon père me reconnut de loin. Elle ne m'avait vu qu'une fois dans ma vie, lorsque j'avais 5 ans. Elle me dit alors m'avoir reconnu à mon regard. Béatrice était une femme de caractère. Elle était directrice d'un centre d'enfants handicapés, et se prétendait à gauche. Pourtant, lorsque je discutais avec les ouvriers sardes qui travaillaient devant chez elle, elle m'engueulait copieusement parce qu'ils n'étaient pas (selon elle) de "notre" condition. Un peu snob, la Béa. Son mari, Pino, expert-comptable, était culte. C'était le sosie parfait de Peter Sellers. D'un flegme surhumain. Je me demande comment il supportait cette marâtre qui passait son temps à l'engueuler pour rien. S'il pleuvait, il ramassait. Si le courrier arrivait en retard, idem. Un jour, sur les routes ensoleillées de la Costa Smeralda, un de ses pneus de voiture à éclaté. Évidemment, Béatrice l'a massacré verbalement. Quel moral. Mais curieusement, je pense que Pino aimait bien ça.

Un soir.

Béatrice:
"- Ce soir, je vous ai fait un plat d'été ! Un bon minestrone ! Pino, il est bon mon minestrone ?

Pino :
"-Effectivement, c'est un minestrone. D'ailleurs, je le trouve un peu sec. Comme l'été !".

Et Pino d'en prendre plein la gueule, une fois de plus. Reconnaissons toutefois, que Béatrice était bien piètre cuisinière.

Je fis la connaissance des enfants, les deux fils du couple survolté. Michele et Antonello. Antonello était purement charismatique, cheveux bruns, longs et frisés, il avait quelque chose de christique. D'ailleurs il plaisait énormément aux nanas. Il faisait des études de droit afin de devenir avocat. Michele semblait plus austère, et lui préparait une thèse de médecine. Mais ce qui me frappa lorque j'arrivais dans leurs chambres, ce fut le décorum. Faucille, marteau, Che Guevara, les Beatles, le portait d'un type qui s'appelait Gramsci, Karl Marx. Et puis, des guitares et des partitions de partout. Et des bouquins, par milliers. Plein de bouquins politiques. Michele prit alors sa guitare, et Antonello, la sienne. Et les voilà tous deux capables d'improviser dans l'instant, toutes les chansons des Beatles dans une harmonie parfaite. J'étais littéralement impressionné et me dit que ma famille était peut être moins chiante que je le subodorais au préalable. Je fis la connaissance de leurs amies. Je faisais l'objet d'une curiosité bien réelle : Français, Lyonnais, yeux clairs par rapport à des cousins bruns ténébreux. Les filles me questionnaient sur la France et son "arrogance" légendaire, puis sur des choses plus futiles. Elles étaient vraiment marrantes, coquettes, très jolies et franchement, qui peut raisonnablement résister à une fille qui parle italien ?

Un soir que je traînais dans la chambre de mes petits cousins, je vis un opuscule sur le chevet d'Antonello. Un sigle était dessiné sur la couverture. Une sorte d'étoile constituée de deux triangles superposés, et deux lettres "B" et "R". Je pris alors le bouquin dans les mains, quand Antonello entra dans la pièce. Il était fou de rage et me mit une branlée orale digne de Béatrice, m'arrachant le bouquin des mains. Il était nerveux. J'appris que le soir même, il se rendait avec son frère à une manifestation d'étudiants à Sassari, une ville proche. Je me sentais penaud. Il me tapota l'épaule et m'adressa un clin d'oeil. L'incident était clôt...

La nuit passa... Le lendemain, je vis les deux frangins, très en colère, les yeux rougis. La veille au soir, ils avaient affronté, les CRS locaux qui avaient utilisé les gaz car la manifestation, visiblement, avait dégénéré. Je fis alors la connaissance d'amis à eux. Ils avaient l'air sévères et tendus. La plupart étaient barbus. Ils étaient tous étudiants. Ils parlaient "politique": impérialisme, USA, fascisme, communisme, Guevara, Marx ... je ne comprenais rien au sujet et à leur discours. A un moment donné, l'on demanda à ce que je quitte la pièce. Ce que je fis sans trop réfléchir... Je continuais à être impressionné par mes petits cousins. Car j'avais appris une chose étrange : contrairement aux apparences, mes cousins détestaient le PCI (Parti Communiste Italien).

C'est à ce moment là que je décidais de m'intéresser à la politique et toutes ses subtilités...


(A suivre).

Illustration: affiche du film "ROMANZO CRIMINALE de Michele PLACIDO en 2005.

L' AUTRE 11 SEPTEMBRE ...



11 septembre 1973, à Santiago du Chili.

Ce matin là la radio nationale cesse d'émettre ses programmes. Et l'on apprend qu'une junte de militaires factieux, vient de cerner la Moneda ou se sont retranchés Salvador Allende et quelques membres de son gouvernement.

L'aviation pilonne le palais présidentiel, et l'on apprend alors officiellement le décès du président chilien, qui se serait donné la mort lui même, respectant ses propres engagements. Lorsque la junte l'avait sommé de se rendre, il avait déclaré préféré la mort à l'exil.

Tout commence en 1970. Celà fait 43 ans que Salvador Allende, à l'origine fils de nantis et médecin de profession, traîne sa carcasse aux quatre coins du Chili et constate amèrement le destin réservé à la majorité de la population, en l'occurrence la misère et la malnutrition, donc la corruption. Pourtant, le Chili est un pays riche, noyauté par les multinationales américaines tellement puissantes. Il se lance alors en politique. Évidemment, ses idées l'orientent vers un socialisme inéluctable. Mais Allende refuse la pratique la plus courante en Amérique, à savoir la révolution ou le soulèvement populaire. Cela se termine toujours dans le sang, avec les "mêmes" morts, car les voisins yankees n'aiment pas cela du tout, et interviennent toujours du coté des oppresseurs du fait de leurs intérêts locaux. Pendant plus de 40 ans, le bon Docteur Allende va donc se soumettre au choix des urnes. En 1970, il est enfin élu président, et son parti gagne de surcroît les élections municipales et législatives. Il a promis beaucoup, plus que quiconque... et il va tenir toutes ses promesses !

Nationalisation de l'industrie, des chemins de fer, des banques, réforme agraire, redistribution des terres ("c'est celui qui travaille la terre qui la possède"), du cuivre, du salpêtre... et tout cela, par vote des lois, et en douceur.

Les classes dirigeantes, ultra minoritaires alors dans le pays sont furieuses. Mais le peuple aime Allende, le vénère. Les USA vont alors intervenir. L'argument massue est d'abord économique. Les USA n'aiment pas les mauvais exemples et le Chili en est un. Trop énorme, indigeste. Un gouvernement démocratique, et qui applique des méthodes socialistes. C'est beaucoup trop. On préfère Castro pour une fois, en Amérique. La CIA s'en mêle. ITT vient de perdre beaucoup d'en l'affaire. Le géant américain des télécommunications maintenait le cours du cuivre chilien à un cours très bas, afin de pulvériser les bénéfices en exploitant ou pillant les mines à son avantage. Allende maintenant revend le cuivre à son juste prix, et ITT récompense beaucoup moins ses actionnaires qui commencent eux aussi à grogner. Ah oui, j'avais oublié. C'est avec du cuivre qu'on réalise des réseaux téléphoniques et ITT est le géant mondial dans le secteur.

Bref tout indique que Nixon doit faire intervenir l'Agence. Castro met en garde Allende. Ce dernier n'a pas peur, le peuple est avec lui. Le Lider Maximo insiste, il y a péril en la demeure. La CIA va commencer à financer des groupuscules armés d'extreme-droite, chargés d'installer le désordre et déstabiliser politiquement le pays. Ça ne prendra pas, le peuple chilien aime décidément trop son leader. Kissinger va alors mettre le paquet. Le Chili est un pays très long, et qui dépend complètement du transport routier, et du fret. Alors, les Américains vont corrompre les âmes. Ils vont inciter les transporteurs privés à se mettre en grève et dans tous les secteurs qu'il sera possible de neutraliser, afin de paralyser le pays économiquement et le ruiner. Bien évidemment, le gouvernement US rémunérera les "grévistes" en dollars. L'état est alors exsangue. Plus aucun produit ne circule sur le territoire. Les USA comptent sur un soulèvement généralisé devant le manque de produits de première nécessité. Mais non, les Chiliens restent fidèles à l'incorruptible et très démocrate Allende. Castro tempête et demande à Allende de prendre les mesures autoritaires qui s'imposent. Ca et là des militaires agiront pour réquisitionner les "grévistes", mais tout ceci ne suffira pas. Les USA s'impatientent. Il faut en finir avec l'expérience "Allende".

Les services secrets américains, diligentés par Henry Kissinger, vont charger un obscur général, Augusto Pinochet, de prendre la tete d'une insurrection armée contre ce gouvernement de "communistes". Rappelons que Salvador Allende, lui même, avait nommé Pinochet à son poste. Le général félon sera alors chargé de rétablir "l'ordre" après le coup d'état.

Le 11 septembre 1973, l'aviation bombarde la Moneda, Allende est retrouvé mort d'une rafale de pistolet mitrailleur dans le visage. Sa femme et sa fille partiront en exil. Les ténèbres s'abattront le jour même sur le Chili. Les stades seront remplis d'intellectuels ou tout simplement d'opposants. On torturera à la chaîne et on tuera et violera en masse. Tout ou presque sera interdit, sauf la consommation, l'argent facile et les programmes TV américains. La chape de plomb sera scellée pour 16 ans. Et on estime que Pinochet a fait assassiner plus de 50 000 personnes. Mais surtout, la réussite du coup d'état chilien sera à l'origine d'une des plus sombres manoeuvres des services secrets américains, l' "Opération Condor". La CIA va céer une internationale anti-gauchiste avec la collaboration active de tous les dictateurs locaux d'Argentine, Chili, Brésil ou autres bouchers fascistes du cru. Tout opposant sera immanquablement traqué à travers toute l'Amérique latine et évidemment abattu. Il savère aujourd'hui impossible de chiffrer le nombre de morts ou disparitions suspectes à travers le continent. Seules des estimations circulent et elles sont ahurissantes.

Voilà, c'était l'histoire de l'autre 11 septembre... Et aujourd'hui, on n'ose même plus évoquer le nom d'Allende au Chili, tant son passage a été perçu là bas, comme une sorte de miracle qui ne se reproduira pas de sitôt... Et puis, il y a ce sentiment diffus de douleur, de terreur latente. Et l'on sait que nombre des bouchers de l'époque de Pinochet sont encore en vie, et bénéficient d'une bienveillance ou d'une impunité complètement inadmissible.

Il y a beaucoup trop de morts dans le placard et d'anciens tortionnaires ... en liberté.

lundi 10 septembre 2007

BIG TIME



Vidéo littéralement délirante conçue par le créateur de "Wallace et Gromit", Nick Park. Ce dernier avait déjà réalisé le clip de "Sledgehammer", extrait de "So", tout comme "Big Time".

Une idée à la seconde, ce qui sied fort bien au Maitre Gabriel. Et pourtant, Mister Park, par ses techniques relativement cheap, est un type extraordinairement patient et méticuleux. Son rythme de tournage: 2 secondes de film réalisé par jour, car Park tourne en 24 images/secondes. Bref, de l'animation à l'ancienne. Du travail bien fait, en somme. Il semble aussi lent que Peter Gabriel dont on attend toujours le prochain disque depuis 2002. Titre présumé "I/O". On n'en sait pas plus.

Le hit remue un max, et les images se télescopent, parfaitement associées au tempo irrésistible d'un titre pourtant fort peu à l'image des compositions usuelles du sorcier de Bath.

"Dieu est grand, et Gabriel est son prophète".


"BIG TIME" de Peter GABRIEL en 1986.

KING LIZARD



«Exposez-vous à vos peurs les plus profondes. Après cela, la peur ne pourra plus vous atteindre.»

Jim MORRISON.

THE CRYSTAL SHIP



Une contine qui fleure bon le San Francisco's Flower Power du Summer of Love de 1967. Ouf !

Époque bénie ou chacun semblait vivre au jour le jour, sans trop se soucier des lendemains qui pouvaient déchanter. Mais à cette époque, ça ne venait à l'idée de personne même de l'imaginer. Non, l'imagination on la gardait pour des choses plus insensées donc beaucoup plus utiles, plus positives et fatalement plus bénéfiques pour l'homme. La musique ou le cinéma, par exemple. L'imagination était donc au pouvoir. Aujourd'hui, c'est le "bon sens", le "concret", les "valeurs".

Drôle de courant ! Pourtant j'étais beaucoup trop jeune pour en comprendre le sens profond et l'apprécier à sa juste valeur. Drôle d'époque ou il était permis de rêver et ne pas être forcément matérialiste pour être crédible. Drôle d'époque ou la culte de la consommation et de la real tv n'était pas à l'ordre du jour, et ou trop de pragmatisme devenait suspect.

Ce ne sont pas les chansons qui font une époque. Elles n'en sont que le reflet. Alors, je suggérerais à tout amateur de musique et de rock en particulier, une expérience. Très intéressante. Réaliser sa play list des meilleurs albums rock de tous les temps. Et bien, la majorité de ces disques a été enregistrée entre 1967 et 1973 ! Ça se vérifie concrètement.

D'ailleurs les annonceurs publicitaires, qui n'en ratent décidément jamais une, estiment que c'est dans cette période charnière que l'on trouve les plus beaux tubes "pop", que les chansons possèdent "une magie" propre, inaltérable mais perdue depuis.

Pour une fois que je suis d'accord avec les marchands de merguez...

Allez, ROCK 'N ROLL !!!


"THE CRYSTAL SHIP" des DOORS en 1967.

FOU HALLIER



«Nos automatismes, nos grilles de normalisation sont tels que chaque matin qui se lève est une leçon de courage.»


Jean-Edern HALLIER, le "meilleur ennemi" de François MITTERRAND.


Extrait de : "Chaque matin qui se lève est une leçon de courage".

LUCIDITY KILLED THE CAT !


"-Je ne peux continuer à vivre dans ce monde ou l'apathie a été érigée en ligne de vie par le genre humain".

L'inspecteur Somerset interprété par Morgan FREEMAN.

Toujours extrait du "SE7EN" de David FINCHER, cinéaste misanthrope, avec lequel The Intruder partage une vision toute aussi optimiste du genre humain.
A voir d'urgence son dernier film "ZODIAC" sorti en 2007, qui, s'il fut un bide complet sur un plan purement commercial, s'avère un chef d'oeuvre d'une noirceur inouïe. A la lisière du fantastique, "ZODIAC" est encore supérieur à "SE7EN". On est vraiment très loin du décevant "PANIC ROOM", avec Jodie FOSTER, sorti en 2002.

Certainement le meilleur film de son auteur... Sortie prochaine en DVD et à ne manquer sous aucun prétexte !


Photo extraite du film "SE7EN". Déclinaison des sept péchés capitaux sur tableau noir, reconstituée par les policiers traquant le serial killer.

dimanche 9 septembre 2007

KEVIN SPACEY



Kevin Spacey est né en 1959. Il entre à la Julliard School, prestigieuse école d'art dramatique, et fait ses premiers pas dans le théatre. Les initiés sont alors sensibles à sa prestation prometteuse dans le "Henry V" de Shakespeare en 1981. En 1982, il interprète "Les Revenants" sur les planches de Broadway. En 1984, c'est "La Mouette" de Tchekov. Mais c'est en 1986 qu'il est enfin sacralisé grâce à son interprétation de Jamie Tayrone dans "Un Long Voyage dans la Nuit". La télévision fait appel à lui pour interpréter Mel Profitt dans "Un Flic dans la Mafia", ce qui lui assure une popularité et une notoriété grandissante de second couteau à l'écran. Il assure un petit role dans le film de Mike Nichols "La Brûlure" aux côtés de Jack Nicholson. Il est encore dirigé par James Foley en 1992 dans "Glengarry Glen Ross", un film fauché.


Puis, il est contacté par Bryan Singer alors tout jeune réalisateur, pour interpréter le role de Keyser Soze dans "Usual Suspects". Le film est présenté à Cannes et révèle enfin l'acteur au grand public. Sa prestation inédite et complètement hors-norme lui vaut d'ailleurs l'Oscar du Meilleur second rôle. L'odieux "Keyser Soze" entre dans la mythologie cinématographique et devient le nouveau croquemitaine des cinéphiles. Il interprète ensuite "John Doe", le serial killer messianique de "Se7en", aux côtés de Brad Pitt et Morgan Freeman, la meme année. 1995 est bien "l'année Spacey". En 1997, c'est Curtis Hanson qui le dirige dans son chef d'oeuvre "L.A Confidential", adapté du roman culte de James Ellroy. Il est ensuite Jim Williams, le héros homosexuel mondain de "Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal", film assez bancal, prétentieux et décidément trop maladroit de Clint Eastwood. En 2000, il reçoit l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans "American Beauty" de Sam Mendès, charge viscérale et implacable d'une certaine Amérique middle class caricaturale. Son interprétation de quadra, en pleine crise existentielle et en manque d'adrénaline force le respect par la véracité de son jeu tout en finesse et d'un réalisme confondant. Ensuite, il erre au gré de quelques approximations cinématographiques dispensables ("Ordinary Decent Criminal" ou "K-Pax"), ou néanmoins son talent fait toujours merveille. Puis, c'est le nouveau navet d'Alan Parker, "La Vie de David Gale", ou il incarne un avocat condamné à la peine de mort. Si Spacey est toujours impérial, la réalisation patine toujours dans le grotesque parkerien. Puis, Bryan Singer fait de nouveau appel à lui pour sa nouvelle réalisation tant attendue par les fans de super héros ou il est, comme d'habitude le "méchant Lex Luthor", dans "Le Retour de Superman" sorti dans en 2006. Il sera aussi à l'origine d'une réalisation cinématographique, "Albino Alligator" qui n'aura aucun succès.

Depuis, Kevin Spacey est devenu directeur de l'Old Vic Theatre à Londres ou l'acteur américain passe le plus clair de son temps à mettre en scène et interpréter des roles passionnants. Pour lui, le cinéma est devenu une activité marginale et il consacre la majeure partie de son activité à sa passion théatrale.

Pourquoi parler de Spacey ? C'est certainement l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Il imprime chacune de ses apparitions d'une marque définitive. Son physique plutot banal ne le handicape aucunement. Spacey possède la faculté indéniable des grands, celle d'installer le désarroi, l'inquiétude ou tout autre sentiment avec le minimum d'effets. L'acteur n'en "rajoute" jamais, ne cabotine pas, et pourtant il "impacte" la pellicule à chaque apparition. On appelle ça le charisme. Il possède une maitrise parfaite de son art, ce qui lui permet d"éviter les pièges tendus ou de sombrer dans les poncifs habituels des personnages qu'on lui donne à interpréter ("American Beauty", "David Gale", "Superman").

Il incarne souvent les etres retors ou corrompus qu'il s'applique toujours à rendre toutefois pleinement humains ("LA Confidential", "Ordinary Decent Criminal"), et il s'est fait reconnaitre principalement par ses créations invraisemblables de serial killers ("Se7en"), génies du mal ("Usual Suspects", Lex Luthor dans "Superman"), ou autres excentriques stylés ("Minuit dans le Jardin...", "K-Pax") conférant à chacun de ses "characters" une personalité atypique indéniable.

Dans "Se7en", son personnage est surnommé "John Doe". Connaissez-vous la signification exacte du terme en anglais ? "John Doe", c'est "Monsieur tout le monde" . Et bien, en ce qui concerne Kevin Spacey, méfiez vous vraiment des apparences...

Respect Kevin...



Teasing: "L. A. CONFIDENTIAL" de Curtis HANSON en 1997.

CINECULTE



L'inspecteur Somerset (Morgan FREEMAN) dit à Mills :

-"Dans la plupart des grandes villes, les gens ont l'art de ne pas se mêler des affaires des autres. On recommande aux femmes si jamais elles se font agresser de ne jamais appeler au secours, il faut crier au feu. Si vous criez au secours, personne ne vient".

Toujours Somerset:

-"Ernest Hemingway a écrit : "Le monde est un bel endroit, qui vaut la peine qu'on se batte pour lui" ... Je suis d'accord avec la seconde partie".

Extrait de dialogues du film "SE7EN" de David FINCHER en 1995 et photo du "John Doe" dans le même film.

CITATION D' ACTUALITE !



«Plus contagieuse que la peste, la peur se communique en un clin d'oeil.»

Nikolaï GOGOL.

Extrait de "Les Ames Mortes".

THE RED SHOES



Ah oui Kate !

J'ai acheté tous les accessoires dont tu ma subodorré subtilement l'acquisition: 3 fouets et 5 strings cloutés, 2 martinets avec hameçons, 1 vierge de Nuremberg king size, 2 combinaisons en cuir, 6 cagoules diverses et sur mesure, 1 chapeau melon et 2 bottes de cuir, 3 kilos de courgettes grosse capacité, 8 pastèques pour la soif, 18 bouteilles d'AOC beaujolaises, 4 boites de thon Saupiquet... là je m'égare!

Revenons à notre inventaire romanesque: 3 sommiers en fer couchage 140, 12 paires de menottes métalliques pour mieux faire passer le courant, 3 gégènes automobiles type Citroen 4 chevaux millésimés 1957 très performantes car testées avec succès pendant la bataille d'Alger sur des volontaires locaux, enthousiasmés par le résultat, 150 aiguilles de médecins chinois type acuponcteur amateur, 4 coutelas turkish avec double lame torves, 2 fers à souder de plombier, 7 ceintures de chasteté stylisées retour des croisades, 12 boites de kleenex, 1 litre d'acide chlorhydrique pour faire passer tout ça, 4 boules de billards ceinturées, 2 camisoles de force, 100 grammes de lithium, 2 boites d'aspirine 500 mg, 10 rails de coke, 100 grammes de marijuana, 12 buvards de lsd, la collection complète des films de Marc Dorcel pour passer le temps et 14 sex toys tous modèles, et puis cerise sur la gateau: les intégrales discographiques de Michel Sardou, Francis Lalanne et le dernier album de Grand Corps Malade ... Je crois que ce sera tout, Kate !

Tu vois Kate, je crois que toi et moi allons passer une magnifique soirée, très romantique, une flamme de désir et d'amour dans nos pupilles respectives... Ah Kate, j'allais oublier les bougies, le plus gros modèle !!!


"THE RED SHOES" de Kate BUSH en 1993.

La Phrase du Jour 180



"On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent.»

Bertolt BRECHT.

RUN BABY RUN



La belle Sheryl Crow et le titre qui lui apporta gloire, fortune et célébrité en 1995.

Une bien belle cantate bluesy, avec un je ne sais quoi qui confère à l'ensemble un coté Led Zep des plus troublant,et un aspect rhythm and blues en lay back purement irrésistible(j'adore!). Le résultat est à l'avenant: une voix irréprochable, sûrement pas geignarde mais tout au contraire parfaitement placée (et hyper sexuelle !), une rythmique plombée comme il se doit dans le registre qui donne une force émotionnelle incontestable à l'ensemble, et un accompagnement à la guitare du God lui même, Eric Clapton.

Qui plus est, la prestation a été filmée à Modène en Italie, ou tout artiste qui se respecte, forme le voeu de se produire au moins une fois dans son existence dans cette ville hautement culturelle, tant le public local cumule exigence et surtout enthousiasme contagieux quand les prouesses artistiques sont à la mesure des promesses. Demandez son avis à Peter Gabriel. Et puis, c'était aussi la ville de Pavarotti, l'enfant du pays qui a laissé, parait-il, quelque trace universelle à la postérité.

Puis Sheryl fit quelques bêtises, ou plutôt erreurs de jeunesse en s'affichant avec le plus célèbre défoncé à l'EPO ou autres substances cyclistes du monde. Pas un rocker, mais l'inéfable Lance Armstrong, célèbre sportif texan au cancer miraculeux et aux performances douteuses testostéronées. Elle l'a viré depuis peu, ce dernier affichant des idées de plus en plus réactionnaires, très encombrantes et connexes avec celles d'un George Bush sur le déclin. "Idées" de sportif, comme d'hab. Pas vraiment des progressistes ces mecs quand même, mais là n'est pas le sujet.

Mais Sheryl semble avoir repris de bonnes résolutions en se consacrant de nouveau à des choses beaucoup plus sérieuses, comme la musique, par exemple. Et elle semble avoir oublié le cyclisme définitivement.

Allez Sheryl, ressort nous un titre de la trempe de "Run Baby Run". Tu es carrément sublime dans le registre. C'est vrai, être belle, talentueuse et posséder un organe vocal de ce calibre, elle exagère quand même un peu la Sheryl, non ?


"RUN BABY RUN" de Sheryl CROW en 1995.

LECON DE REALISME



«Dire que vous pouvez aimer une personne toute votre vie, c'est comme si vous prétendiez qu'une bougie continuera à brûler aussi longtemps que vous vivrez.»


Léon TOLSTOI.

Extrait de "La Sonate à Kreutzer".

samedi 8 septembre 2007

TAINTED LOVE



Lorsqu'on demande à l'artiste androgyno-satanique pourquoi il a pris comme sobriquet "Marylin Manson", il nous explique avec un très grand sérieux que l'Amérique possède le meilleur et le pire des visages. Donc, le meilleur c'est Marylin Monroe, et nul mâle qui se respecte ne le contredira à ce sujet. Et le pire, Charles Manson, vous savez ce néo-nazi qui se faisait passer pour un brave hippie mais étripa néanmoins Sharon Tate et six de ses convives à Cielo Drive en 1969, grâce à l'aide assidue de ses comparses satanistes et serviles. Donc le mix des deux "mythes" américains donne bien "Marylin Manson". Et en plus, ça sonne bien, même si ça ne fait pas très "viril".


Remarquez, dans les années 70, un autre disjoncté se faisait bien déjà appeler Alice Cooper. Mais lui avait des excuses, son véritable patronyme s'avérait purement difficile à porter décemment. En effet, il se dénommait Vincent Furnier, donc Vincent "Fumier". Pas top quand on fait du rock ou quoi que ce soit d'autre, au demeurant.

Lorsque l'on sait aussi, que Marylin Manson est détesté au plus au point par George Bush et que le chanteur gothique le lui rend bien, le personnage nous est forcément encore plus sympathique.

Et en dernier ressort, lorsqu'on entend et écoute ce que ce type a fait de ce tube édulcoré pour castrat dépressif des années 80, avec force rythmique crasseuse à l'appui, et guitares déchirées en riffs répétitifs, on peut se dire que le gueux à le sens du happening réussi, et un talent certain pour le remix hardeux voire trashy. Sa version de "Tainted Love" est tout simplement majeure.

Évidemment, le clip qui en a été tiré a eu d'énormes problèmes avec la censure américaine. Moralité: Marylin Manson cumule beaucoup trop de défauts apparents pour m'être complètement antipathique...


Ce matin, un lapin... voir la vidéo.

"TAINTED LOVE" de Mark HALMOND par Marylin MANSON en 2003.

La Phrase du Jour 179



"Mettre à mort un meurtrier est une punition sans commune mesure avec le crime qu'il a commis".

Fiodor DOSTOIEVSKI.


Extrait de "L'Idiot".

WILDE OSCAR



Fin du XIX ème siècle, Oscar Wilde est adulé comme une pop star. Ses tenues de dandy désinvolte et ses cheveux longs lui confèrent d'ailleurs une mise vestimentaire pratiquement similaire à celle d'un Mick Jagger des seventies.

Il se rend aux USA afin d'y donner toute une série de conférences, sur son oeuvre littéraire et ses fameux aphorismes déjà entrés dans la légende, bref un vrai rock tour.

Arrivé au poste des douanes, le fonctionnaire lui lance la formule habituelle:

-"Qu'avez-vous à déclarer ?"
Et Wilde de rétorquer avec superbe:
-"Rien d'autre que mon génie".

Classe et modeste l'Oscar !

Illustration : "Soul of Dorian Gray". Pour ceux qui n'aurait pas lu le chef d'oeuvre d'Oscar Wilde, Dorian est un jeune homme qui scelle un pacte par lequel il ne vieillira jamais physiquement. Mais son portrait trahit et reflète toutes ses dépravations, ses travers moraux, et toutes les mauvaises actions dont il a été l'auteur dans sa vie agitée. Ce qui ne le rend pas vraiment serein car la vision perpétuelle de ce sinistre portrait finira par le faire sombrer dans une névrose fatidique.

Dans la version réalisée par Albert LEWIN en 1945 (celle qu'il faut absolument avoir vue), voilà le portrait que le spectateur découvre à la fin du film.

Une curiosité: le film a été réalisé en noir et blanc, et seul le tableau apparait en couleurs.

CINE CULTE



« Plus on est libre, meilleur est le film ».

Robert RODRIGUEZ.


Photo: Bruce WILLIS dans "SIN CITY" de Robert RODRIGUEZ et Frank MILLER d'après la BD de Frank MILLER.

vendredi 7 septembre 2007

YESTERDAY' S MEN



Les "crétins" de Madness. Une étiquette qui leur ai resté sur la peau depuis leurs débuts.

Il est vrai que les pitreries de "One Step Beyond" ou "Night Boat to Cairo" ont laissé des traces profondes et indélébiles dans leur carrière labélisée déjante et déconne pure.

Pourtant, certains de leurs titres sont de petites merveilles mélodiques comme "Our House" que n'auraient en rien renié les Kinks, ou ce somptueux "Yesterday's Men" et son sax ravageur.

Une précision d'horlogerie musicale, une ligne mélodique subtile, une voix parfaitement en place, et des images délibérément désuètes sur une chanson de tueur.

Pas si crétins que ça, les musiciens de Madness....


"YESTERDAY'S MEN" de MADNESS en 1989.

STAR STAR !!!



"Si quelqu'un invente un pistolet à rayons qui supprime tous les liftings à Beverly Hills, je veux être là quand ils appuieront sur la gâchette".

Cameron DIAZ.

MISS SARAJEVO



En 1997, un groupe furtif, The Passengers, se fait bigrement remarquer dans le caritatif. Il faut dire qu'on n'y trouve que du beau linge: Bono, The Edge, Brian Eno... et Luciano Pavarotti qui aimait pratiquement autant les rockers que l'opéra.

Alors à ceux qui sont allergiques au bel canto ou à l'art lyrique en général, la vision et l'audition de cet extrait de concert s'impose dans l'instant.

Quand Pavarotti reprend le flambeau vocal après Bono, il faudrait être complètement insensible, voire déjà décédé pour ne pas sentir l'intégralité de son propre système pileux se dresser comme un seul homme. Et quand une bonne cause est tenue à bout de bras par des mecs pareils, on n'est pas seulement fier d'y avoir contribué, mieux, on en redemande ... pour le plaisir uniquement. La meilleure caution qui soit!

Hommage au plus bel organe mâle du siècle !


"MISS SARAJEVO" par The PASSENGERS.

GANGSTERS REDUX



Allez, on prend les mêmes et on recommence !

Cette vidéo a déjà été mise en ligne sur The Intruder. Elle revient après avoir mystérieusement disparu. Donc, The Specials était composé d'un petit groupe de petits blancs métissés avec des noirs. Ça n'a l'air de rien comme ça mais justement, il y avait une bonne raison. En 1979, le National Front britannique avait le vent en poupe et adoptait une philosophie similaire à son homonyme français. Et le ska, à l'origine du reggae, se présentait en moyen d'expression énergique et radical contre la xénophobie et le racisme ambiants de l'ère pré-thatcherienne. Bref, The Specials était un groupe fortement engagé.

Nous, à l'époque, on ne s'en rendait pas vraiment compte. On aimait bien le rythme, le groove et se fringuer à l'ancienne, costards, cravates, trench coats et éventuellement couvre-chefs au diapason, pour lunettes noires et nuits blanches. Qu'est ce qu'on a pu s'amuser !

Et puis, c'était un bon moyen de se bouger les fesses, de se déchirer tout en faisant du sport que de danser le ska. C'était juste avant les années 80, ces années de plomb, les dernières années d'une certaine désinvolture, et là, c'est pas de la littérature.

Oui, on l'a vu changer le temps, et très vite !


"GANGSTERS" des SPECIALS en 1979.

La Phrase du Jour 178



«Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour.»

John STEINBECK.

Extrait de "A l'Est d'Eden".

BEN LADEN WORLD TOUR 2007




EXCLUSIF !

On nous annonce sur toutes les chaînes de radio, des trémolos dans la voix, à la télévision, sur Internet, par signaux de fumée apaches, avec force gestes pour sourds et mal comprenants, la prochaine grande tournée d'Oussama Ben Laden, car "Il n' y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète". Par contre, on ne sait toujours pas quand et ou aura lieu son prochain show retransmis certainement lui aussi, sur toutes les chaines tv, radio ou caméras de surveillance du monde.

On insiste bien évidemment sur le fait que l'annonce du Ben Laden World Tour 2007 sera diffusée en mondovision le 11 septembre, pour commémorer parait-il, un sixième anniversaire. Mais lequel ?

Tout cela nous est narré de la manière la plus sérieuse, sans aucune précision, sans vérification, à l'emporte pièce. Alors que va-t-on voir sur la dernière vidéo exclusive (car l'on sait déjà qu'il s'agit d'une vidéo) de l'ennemi public numéro un des Américains et des juifs?

Va-t-on voir Oussama nous expliquer qu'il prépare un attentat contre les "Juifs et les Croisés", tapant la discute avec le sheik Omar, l'esprit badin et primesautier, gambadant sur les collines verdoyantes de Peshawar, la barbe au vent et des coquelicots dans le turban, tout ceci filmé sur une vieille bande VHS pourrie que n'importe quel vidéaste amateur de kermesse paroissiale est capable de dater de plus de 10 ans ?

Va-t-il nous annoncer sa reconversion soudaine dans le show biz et apparaître en compagnie de Dieudonné dans une cave du 93, fin prêt pour un nouveau spectacle hilarant et décapant à la gloire du nouveau président français dernier ami d'un chef d'état américain has been ?

Va-t-il entreprendre une tournée avec Cheb Mami, autre proscrit volontaire et en cavale, ex-petit prince du rai, passé maître en matière de baston conjugal et d' avortement sauvage sur gonzesse soumise et en difficulté ?


Soyons sérieux mais c'est difficile. Qu'est ce que cela veut dire et que cherchent les médias ? De l'audimat en cautionnant ce type d'infos, et en prenant toujours les gens pour d'irréductibles imbéciles (quoi que), comme à l'accoutumée ? Remarquez, Ben Laden apparaît furtivement, mais toujours au bon moment. La dernière fois, c'était juste avant les élections américaines. Il parait que le message avait été authentifié par la CIA. La CIA n'avait-elle pas attestée la main sur le coeur, que Saddam possédait des armes de destruction massive et représentait un péril majeur pour le monde "libre". En ce moment, Bush est à la rue aux USA, dans une impasse politique et économique inéluctable, et il a grand besoin de faire peur, comme tous les gouvernants en difficulté. Peut-etre qu'Oussama est devenu en fait l'allié objectif d'un Bush aux abois, son ultime chance d'exister politiquement, de réaliser un nouveau coup tordu. Vous allez voir qu' Oussama nous parlera de l'Iran (le pire ennemi de sa "mouvance").

Car souvenez-vous, quand le 11 septembre 2001 les deux Boeings fous se sont crashés sur le World Trade Center, personne n'avait été averti, ou n'avait rien vu venir... malgré toutes les bidonneries qui circulent aujourd'hui ça et là, sur le Net, dans les bouches, ou chez les accros du complot à deux balles (et là je ne parle pas que de la sinistre plaisanterie de Thierry Messian). Quand on doit frapper, on ne dit rien à personne. On la ferme. C'est ça l' "art" terroriste !

Mais souvenez-vous aussi... Trois heures après le crash mythique, on avait déjà identifié le coupable et son nom: Oussama Ben Laden ! Décidément, ce type sort tout le temps quand on en a besoin, tel le lapin du chapeau du magicien. Vous vous souvenez de la phrase attribuée à Lénine: "Toujours chercher à qui profite le crime." Il faut toujours se la remémorer quand ça sent le gaz... ou le pétrole.

Comme quoi ce mec est utile à l'Amérique... de Bush ! En attendant l'allocution d'Oussama le 11/09/2007... avant ou après le journal télévisé, comme tous les "grands" de ce monde.