jeudi 25 octobre 2007

THE DOORS//OLIVER STONE



Lorsque un cinéaste évoque le vie d'un artiste hors norme le résultat est toujours convenu et consternant (cf. "La Môme", tout récemment à propos de la vie d'Edith Piaf).

Le résultat prévisible, une vie à la Dickens et l'exposé de névroses ou de traumatismes à deux balles très lourdement mis en scène et complaisants, et au final, la larme à l'oeil de rigueur du fait d'un destin toujours funeste et pathétique, mis en scène avec force d'effets mélodramatiques. Car invariablement on s'oriente fatalement vers une vision "pathos" démultipliée, au final toujours dramatique et outrancière, pour complaire à un public addict aux tourments abominables d'autrui. Ca se vend bien, ça relativise ses propres névroses et ça perdure l'effet marketing de circonstance, tout en multipliant les produits dérivés (cd, dvd ou autres supports mercantiles).

Pour "The Doors", de Oliver Stone que nenni ! Point de chronologie, peu d'explications, la sauce prend ou ne prend pas, dans l'épopée morissienne. Rien n'est fondamentalement expliqué ou décrypté, et c'est bien comme ça. Et c'est somme toute logique. Comment expliciter et éclaircir les ressorts psychologiques d'un type défoncé 22h sur 24. Malin et intelligent Stone, et le résultat, l'univers du King Lizard reste préservé des approximations explicatives de piètre envergure, et plus facilement abordable pour les non initiés, comme pour les fans de la première heure.

Seule compte l'immersion dans le monde irréel et traumatique d'un esprit perturbé. Et c'est très finement observé de la part d'un réalisateur qui n'a pas souvent oeuvré dans la légéreté et la sobriété cinématographique, à travers son introspection dans l'histoire des années 60 américaines.

Comment raisonnablement s'imprégner et percer le mystère d'un mythe sacrifié sur l'autel d'une célébrité qu'il ne souhaitait pas, et qui pire, le détourna de ses véritables centres d'intérêt, cinéma et poésie, pour devenir rock star, un sous genre pour lui. D'ailleurs il lâcha définitivement l'affaire, et cela brutalement. Arrêté en 1968 à Miami, lors d'un concert sulfureux pour cause d'exhibitionnisme supposé, Morrison fut embarqué par la police, et déféré devant le juge. Il prit la poudre d'escampette pendant une liberté conditionnelle juste avant un procès qui s'annonçait dévastateur pour lui et sa carrière, case prison à la clé. Il partit se réfugier à Paris, afin de retrouver les illustres ainés et maitres de la poésie française, qui seuls avaient grâce à ses yeux. Là, il devait, en principe, recommencer une nouvelle vie, une nouvelle carrière, élargir ses horizons artistiques mais le sort en décida autrement. Il fut retrouvé mort dans sa baignoire, étouffé par ses vomissements, suite à une overdose d'alcool et de drogues diverses.

Une légende immortelle naissait, très allégrement entretenue depuis plus de 36 ans par des fans irréductibles, au cimetière du Père Lachaize. Et vous savez quoi, ses disques se vendent toujours autant.

La performance de Val Kilmer mérite, en outre, tous les éloges.

"This is the end, beautiful friend...".




"THE END" extrait du film "THE DOORS" par Oliver STONE en 1990, interprété par Jim MORRISON et The DOOR, addtionnal vocals par Val KILMER qui y tient le role du King Lizard.

3 commentaires:

cécile a dit…

Avec sa perruque ça fait archi faux, je sais pas si on doit faire ressembler à tout prix les personnages de ce genre de bio, ça a un côté ridicule qui nuit aux films… Tout ce maquillage pour Cotillard…
Control sur Curtis à la limite mais en général j'aime pas…

Caro a dit…

Moi d'habitude je suis contre les films du genre, ça sert qu'à enrichir les réalisateur et à assouvir le machiavélisme des gens... bien souvent, contre la volonté des artistes eux même (personne ne s'est jamais demandé pourquoi les cinéastes faisaient des films une fois que les chanteurs étaient morts, et que de "bien gentilles" industries de musique avaient repris leur héritage ?).
Mais celui-là... Comme le texte le dit déjà, ce n'est pas pareil y'a rien d'expliquer, et c'est la seule ambiance qui pouvait aller aux Doors.

Anonyme a dit…

Ce film est une pure merveille, il retranscrit parfaitement l'histoire de ce groupe plus que mythique, il est vibrant, touchant, excitant, rock'n'roll ! Félicitations à Mister Stone qui m'a fait rêver du début à la fin !