dimanche 28 octobre 2007

LA POUPEE QUI DIT M 'A DIT OUI



AUTOBIOGRAPHIQUE.


Ah l'adolescence, la puberté, et leurs cortèges de funestes avatars chroniques mais néanmoins désobligeants. Acné juvénile et tenace qui vous pourrit la vie, complexes diversifiés, rebelle attitude, conflits parentaux, et naissance collatérale des premiers émois sexuels.

J'étais élève au lycée, et nous fantasmions tous comme des dingues, mes collègues et moi, sur notre professeur d'anglais qui avait pour singulière coutume, de porter des mini jupes pour le moins suggestives et des dessous translucides appropriés. Et quand je dis mini ... Le jeu consistait, comme vous le subodorez certainement, à s'accroupir au plus près de la gueuse aux magnifiques cuisseaux pour observer de plus près son intimité offerte à nos pupilles écarquillées. Le paquet de crayons qui tombaient malencontreusement de nos tablettes d'écoliers pervers s'avérait astronomique et quotidien !

Mais mes propres angoisses existencielles s'avéraient d'un autre ordre. Je m'étais amouraché d'une autre élève, Agnès, une "vieille" de 17 ans. Tandis que je taquinais souverainement les 14 bougies au compteur. Bref, je passais déjà pour un piètre gigolo de lycée communal. Il n'empêche, je me sentais fort attiré par celle que j'assimilais volontiers au sex symbol absolu. Je lui signifiais alors mon désir de plus en plus explicite par une missive manuscrite, les sms n'étant guère usités en 1972.

A ma grande stupéfaction, cette dernière émis un avis favorable à ma requête. C'était pour moi le Nirvana, Byzance, Sodome et Gomore, le Studio 54, le Caesar Palace... mais là, je m'égare.

Elle me convia alors chez elle un mercredi après midi. Là, elle me reçut avec bienséance, dans sa chambrette pubère blindée d'affiches de David Bowie ou autres Mick Jagger. Je n'évoquerais point par pudeur, quelques posters de C. Jérome qui traînaient dans sa mansarde. La gueuse me demanda de m'asseoir sur son lit, à ses cotés. Je tremblais comme la taïga sous la bise sibérienne, et mon self control légendaire s'assimilait farouchement à celui d'un André Malraux en pleine crise parkinsonienne. C'est impressionnant une nana de 17 ans quand on en a que 14 ! Un gouffre, que dis-je, un abîme canonique nous séparait. Elle commença à se la jouer grave.

"-T'as fait ça combien de fois ?" me demanda-t-elle, l'air salace.

Je lui répondais aussi crédible qu'un Emile Louis sous détecteur de mensonges qui renierait ses viols barbares:

"-Tu parles, je sais plus. Plein de fois".

Elle ne me donna pas la preuve d'une grande crédulité devant la faiblesse évidente de mon argumentaire mythomane et de ma force de conviction erratique.

"-Alors, on va voir! Déshabille moi !".

Je sentis une boule énorme se développer dans ma gorge nouée par une terreur indéfinissable, une sueur perlée envahir mon front de pubère désarticulé par les événements, et une montée sanguine foudroyante ou vous le supposez certainement.

Je commençais alors à la dévêtir avec précaution. Elle enragea:

"-T'es un vrai manche! Active un peu !".

Je lui ôtais son tee shirt et sa formidable paire de seins comprimés par un soutien gorge suggestif apparut devant mes mirettes qui ressemblaient alors à celles d'un malade souffrant d'une crise aiguë de la glande thyroïde. La voila en soutif.

"-Enlève le reste, on n'a pas que ça à foutre!". L'instant était au romantisme le plus faustien.

Je lui dégageais alors son jean délavé avec des difficultés accrues par l'épaisseur de ses cuisses, et la taille de son pantalon qu'elle avait certainement choisi 2 tailles en dessous ou en solde chez Tati. La gueuse se retrouva alors en petite culotte.

Je n'arrivais décidément pas à gérer la situation.

"-Alors, t'as jamais vu une fille à poil ? " m'asséna-t-elle, telle une furie excédée par mon angélisme d'apprenti hardeur. Elle enleva elle même ce qui lui restait sur la peau, et je pus contempler pour la première fois de ma vie et en live, l'origine du monde si bien immortalisée par Courbet.

Elle me sauta dessus et demanda que je l'honore. La gueuse était sur le point de me déniaiser et je me retrouvais à mon tour dans la même tenue que mon initiatrice. Elle me demanda alors de passer enfin à l'acte. J'avais l'impression d'être redevenu un élève de cours préparatoire à qui l'on demandait de tremper pour la toute première fois sa plume dans l'encrier.

Je me laissais embarquer et driver par la péronnelle qui semblait très bien connaître son affaire. L'enthousiasme dont je fis preuve fut tel, que le décollage, le vol et l'atterrissage furent presque simultanés. Ma maîtresse de quelques secondes me rudoya alors telle une amazone vindicative et me quémanda de quitter les lieux sur le champ, fortement dépitée par ma piètre prestation. Mon baptême grivois avait fait long feu.

Pendant quelques mois, les jeunes filles du lycée que fréquentait assidumment Agnès, mon premier amour non platonique, se gaussaient lors de mon passage, s'esclaffant dès que je paradais devant ce troupeau de pimbêches. Ce qui fit que je décidais alors de changer rapidement de nom, d'identité, de lycée et de commune, adoptant en sus une toute autre nationalité après une séance de chirurgie esthétique appropriée, afin de d'entrer purement et définitivement dans la clandestinité.


Depuis, à force de volonté, d'obstination et de labeur acharné, je dois vous concéder avoir fait quelques progrès en la matière. Mais, qu'est ce qu'est ce qu'il a fallu en trousser des gueuses !



Merci Agnès...

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Excellent!

????...

Anonyme a dit…

Ce mec a un style litérraire absolument hors norme.

Fred

delia a dit…

Le mot "gueuse" décidemment me heurte...tu peux pas changer ? c'est détestable...

THE INTRUDER a dit…

Ma petite Délia... tu ne dis rien quand j'emploie le mot "gueux" pour les mecs !