vendredi 16 novembre 2007

CULTURE LIBERALE




Aujourd'hui, en France.

Vous avez remarqué le temps comme il s'est dégradé ces dernières semaines, et très vite ? Et pas qu'au niveau de la météo.

Ça branle de partout. Cheminots, transports en commun, étudiants, magistrats, policiers, gardiens de prison ... Les casseroles de la grande casse politique, sociale et économique entamée depuis mai 2007 commencent à faire du bruit. Tout ça, c'était largement prévisible, et annoncé depuis longtemps.

Pendant ce temps, d'autres infos plus larvées sont arrivées à nos oreilles, toutes aussi atterrantes. Notamment en ce qui concerne la politique de la toute nouvelle ministre de la culture, Christine Albanel, qui hier, s'exprimait laborieusement sur France Inter.

Je la cite: "le budget de la culture doit impliquer une culture du résultat dans la création artistique". C'est un bref résumé ou un condensé rapide de ses propos.

Mouais. Créer avec "une obligation de résultat" . Ça laisse sceptique voire pour le moins dubitatif. Essayons d'imaginer Picasso qui aurait créé en attendant que ces tableaux valent des milliards. Que Francis Ford Coppola réalise "Apocalypse Now", convaincu qu'il remporterait le jackpot définitif et financier. Les incursions avant gardistes du Floyd dans les années 70, dans l'attente d'un "Dark Side of the Moon" très lucratif. Brassens, composant "Le Gorille" dans le but unique d'exploser le top ten ! Mozart ou Beethoven, les yeux rivés sur les chiffres de vente à venir ! Bob Dylan composant avec la seule idée d'un numéro 1 dans les charts.

Madame Albanel par ses propos hallucinants, assassine purement et simplement la démarche artistique, propulsant en tête de gondoles l'idée exclusive de rentabilité immédiate et le profit commercial, ce qui je le concède n'est pas incompatible avec la grandeur culturelle.

Mais à la différence près, que la démarche créatrice dans le domaine artistique, ne doit en aucun cas cibler dès l'origine le seul bénéfice financier et comptable, sinon l'on risque d' assister à une débâcle définitive dans une création déjà fortement atone ces derniers temps, dans quelque domaine évoqué que ce soit. La fin ne justifie pas toujours les moyens.

Quelle étonnante conception de la culture. Si l'artiste s'oriente délibérément dans une démarche a priori marchande, que deviendront les artistes les plus audacieux, les plus méritants, ceux qui par leurs recherches inédites et originales tentent de secouer le cocotier de la médiocrité ambiante ? Doivent-ils collaborer avec une société consumériste, avide de produits bâcles et standardisés, aux succès lamentables, prévisibles et formatés ? Certainement pas. Doit-on financer spécifiquement des spectacles au succès garanti, que soit au niveau de la chanson, du théâtre, du cinéma ou tout autre vecteur de création ? Encore moins. On comprend alors beaucoup mieux la présence des "divers soutiens culturels" de notre président en exercice, durant toute sa campagne électorale. Certainement, les plus navrants dans chacun de leur domaine respectif.

Il semble que la France soit entrée dans une spirale ahurissante de mélange des genres, au profil idéologique encore plus caricatural que les pires de nos anticipations.

France, république caricaturale et bananière, avec des artistes au diapason ? Et bien, bravo ! On s'attendait à des "surprises", mais certainement pas à cette tentative inédite de nivellement par le bas. Ce qui en dit très long sur "une certaine idée de la France" qui prédomine au plus haut niveau de l'état, concernant "les arts et la culture".

"Douce France, cher pays de mon enfance ... " ou les marchands du temple dorénavant, souhaitent aussi "lbéraliser" la culture et la création.


Mais dans quelle "étrange aventure" ce pays s'est-il embarqué ?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Et beh... j'étais pas au courrant de ca. En même temps, est-ce aussi etonnant que ca ? C'est dans la ligne logique de la politique de notre adoré président...
Bon, je retourne bloquer ma fac, adieu !