samedi 10 novembre 2007

PATHS OF GLORY



"Le patriotisme est l'ultime refuge de la canaille".

Extrait de dialogue issu du film "Les Sentiers de la Gloire " de Stanley KUBRICK, réalisé en 1957, et interdit en France par une subtilité de la censure de l'époque (on ne lui délivra pas de visa d'exploitation). La France en 1957, était encore en guerre, mais cette fois en Algérie (à l'époque, on appelait cette guerre "les événements d'Algérie"").

Le film qui pourtant avait confirmé le talent hors norme de Stanley Kubrick dans le monde entier, fut projeté en France en 1975 et fit toujours grincer les dents (57 ans après la fin de la guerre 14-18 !). Il narrait pourtant des faits réels, l'histoire de ces soldats français fusillés pour l'exemple durant la première guerre mondiale, car jugés peu ou prou courageux par leur propre commandement, face aux balles ennemies. Ce qui avait été jugé inacceptable par l'état français, c'était cette fameuse séquence du film, ou le général félon ordonne à ses canons de tirer sur ses propres troupes, afin que celles-ci ne reculent plus devant la mitraille de l'adversaire. Pourtant, certaines traces écrites d'ordres similaires ont été découvertes dans les archives de l'époque, attestant de la véracité de la scène évoquée dans le film de Kubrick.

Bref, quand les cinéastes américains ou Hollywood pourtant si critiqués ou vilipendés, sont capables de réaliser des films sur le bourbier du Vietnam en 1978, soit moins trois ans après la fin du conflit ("Voyage au Bout de l'Enfer", "Apocalypse Now"...), qu'ils persévèrent en réalisant des pamphlets sur un conflit en cours (la guerre en Irak), nous commençons tout juste en France, à entrevoir des films sur la guerre d'Algérie enfin non censurés ("L'Ennemi Intime")... soit près de 45 ans après la fin des hostilités. Effectivement, d'autres films ont bien été réalisés auparavant, mais sans promotion, ni tête d'affiche, et "sortis" en toute discrétion ("RAS", "La Question").

De la même manière, "Lacombe Lucien" de Louis Malle, qui décrivait la "collaboration" pétainiste, et projeté en salles en 1974, occasionna un scandale retentissant et inouï. La France devrait très vite ouvrir le placard bien rempli de sa propre histoire au lieu de tenter malencontreusement de dénier, voire enjoliver ses actes coloniaux (rôle "positif", discours africain grotesque de racisme dissimulé). Il est très périlleux de conserver à l'étroit un passé peu ragoûtant et de n'en présenter que les bons aspects. Il s'agit tout simplement là, de psychologie élémentaire!


C'est peut être ce genre de comportement dangereusement autiste, qui plombe une société toute entière, ou qui en fait peut être tout simplement, "une exception française" pas franchement exemplaire ... devant des faits historiques pourtant avérés, indiscutables, et incontestables.

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