vendredi 2 novembre 2007

ONE EYED JACK



Oyez, oyez, croquantes et croquants!

L'on me fait savoir de par une missive élyséenne que Jack, auto proclamé ambassadeur et ministre de la culture à vie, celui qui aime tous les artistes, ou plutôt qui fait semblant de tous les connaître par une posture que certains qualifient volontiers d'opportuniste, pratiquent à peu près toutes les chansons de gestes ou autres fellations courtisanes, afin d'obtenir enfin ce qu'il aime le plus au monde: briller au sommet de l'état, au sein des ores et dorures d'un ministère quelconque.

Il me souvient d'un temps ancien, ou tout le monde aimait Jack la Menace. Ce ne fut jamais mon cas.

Jack est à l'origine de la "Fête de la Musique". C'est bien. Jack a imposé le prix unique du livre, c'est encore mieux. Jack est à l'origine de la techno parade et de la Gay Pride. Là, on s'en fout un peu plus, mais chacun y retrouvera toutefois ses petits. Pour le reste, Jack porte trop aisément de casaques différentes pour passer pour quelqu'un de véritablement sincère et honnête sur un plan purement intellectuel ou humain. Et puis, je n'aime pas le populisme languien, lorsqu'il célèbre jusqu'à la déraison son "amour du peuple", des guinguettes ou autres manifestations de gueux qui parait-il ont toute sa faveur. Ça ne colle pas au personnage trop lifté. Vous imaginez Jack, le soir du 14 juillet dansant sous les lampions avec Suzette, esquissant quelques pas de java délurée, entourés d'une myriade de beaufs allumés au Pastis 51. La vision me semble quelque peu surréaliste.

Non, Jack ne fait pas vraiment pas partie de cette race là. Il est comme son ex collègue Kouchner, certainement pas un traître socialo comme il est coutume de le dire. Car Jack et Bernard sont aussi "socialistes" que Besancenot est monarchiste. Ce sont des hommes d'apparat et de mondanités, qui ont approché de trop près les coulisses et la notoriété du pouvoir. Ils y ont pris goût et le manque d'adrénaline due à l'absence de puissance supposée se fait trop pressant. Souvenez-vous, les montées courtisanes de la Roche de Solutré, lorsque François Mitterrand se servait de cette "tradition pentecotiste" de circonstance pour comptabiliser les félons opportunistes qui potentiellement pouvaient le trahir à tous moments. La plupart des "fidèles" de ce happening initiatique son passés dans l'autre camp. Bien vu, Tonton !

Revenons à Jack l'étrangleur. Il me souvient d'une anecdote fort savoureuse. Dans les années 80, Jack était encore député maire à Blois. Depuis, pour des raisons qui échappent toujours à mes connaissances en matière de machiavélisme politique, ce dernier a été parachuté dans le nord de la France. Dans sa toute nouvelle circonscription, il avait applaudi à tout rompre la toute nouvelle décision du ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, à savoir la fermeture définitive du centre de Sangatte, ce qui, vous le savez tous, a amplifié démesurément le problème. Donc, Blois, fin des années 80. Jack doit venir inaugurer une levée de chrysanthèmes quelconque. Les télés, journaux ou quotidiens locaux sont tous présents, afin d'immortaliser la cérémonie, Jack n'ayant surtout pas omis de s'inonder la face de ce fond de teint un rien trop prononcé qui le fait souvent passer pour une cinquantenaire ménopausée qui cherche toujours à taquiner le poireau avec les jeunots. Les journalistes et une foule de notables du coin sont alors tous présents. Soudain, une information inopinée se met à circuler à la vitesse de la lumière dans les milieux "autorisés", et tout le staf médiatique déserte la manifestation officielle, laissant Jack l'éventreur seul au milieu de sa troupe de courtisans locaux. L'on venait d'apprendre que Mick jagger, était sur le point d'arriver au Château de la Fourchette (près de Blois) ou demeuraient le leader des Stones et sa compagne, la plantureuse Jerry Hall. Jumpin'Jack Flash entra dans une colère homérique dont tous les protagonistes de l'époque se souviennent encore, un vrai caprice de star has beeen. Jack avait une fois encore oublié, que la populace et les journalistes préfèrent les artistes habités et "historiques" à un politicard de pacotille.

Plus récemment, lorsqu'il remplaça Claude Alègre, au poste de ministre de l'éducation nationale, les hauts fonctionnaires se plaignaient tous, de son degré de mépris à l'égard de ses subordonnés, alors que Claude son dégraisseur de mammouths précédent, possédait un réel sens du dialogue immédiat à la moindre requête de l'un de ses collègues du ministère, malgré son air bougon et son franc parler, chez lui "authentique".

Alors honnêtement, qui peut prendre au sérieux un type qui passe son temps à décliner les pires lieux communs pour vendre sa politique (politique?), qui véhicule sur son faciès les plus viles insanités (ce sourire ravageusement fourbe), cette ire permanente sur son visage d'éternel contrarié par la frustration d'être un éternel second couteau de la république (il voulait se présenter à la présidentielle!), ce déluge de lieux communs éculés lorsqu'il évoque la musique dite "branchée" dans les années 90, pour bien faire croire aux zélés de la branchouille qu'il est éternellement dans le groove modal. Un exemple :

" -Mr Lang qu'aimez vous comme genre musical actuel ?" question posée par un journaliste quelconque et asservi.

-"J'aime le rap et la techno... et particulièrement Daft Punk, ou IAM. On y trouve l'énergie d'une époque, une réelle sensibilité... ". Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée,nous allons reprendre le programme en cours.

Évidemment, il cite les seuls groupes ou artistes lambda, presque caricaturaux que tout le monde connaît dans le registre,ça pour faire "populaire". Et on l'aurait mal vu citer Radiohead, Metallica, Brigitte Fontaine ou encore Art of Noise. Et bien, c'est ça Jack Lang, un type toujours dans l'air du temps et prévisible, mais aussi léger que se sale air que nous respirons aujourd'hui en matière en politique de très bas étage. Un mec qui veut "plaire", n'importe comment et à tous prix.

Alors, j'ai à mon tour une requête à adresser au Président de la République: continuez à actionner votre pompe à merde. Aspirez tous ses has beens politicards qui ne font que de la figuration opportuniste et décridibilisent les partis aux revendications précises. Personne n'a besoin de figures de Musée Grévin au PS ou ailleurs. Tous ce qui veut trop briller n'est pas de l'or, bien au contraire. Et puis tous ces politiciens à la langue de bois, on n'en veut plus. D'ailleurs Dray est sur le coup aussi. Allez, grand nettoyage! On n'en veut plus non plus de son discours néo stalinien haineux et non constructif, de son air perpétuel de teigneux revanchard, au discours dogmatique parfumé des années 50.

Alors vite ! Si Lang postule donc pour un ministère, vite, donnez lui n'importe lequel. Qu'on lui en fasse cadeau, ça me donnera alors toute latitude supplémentaire pour lui taper encore plus sur la gueule !



Ah au fait! Au poker américain, la carte qui porte un double visage, est surnommé "One Eyed Jack". C'est le titre du seul film réalisé par Marlon Brando en 1958, qui raconte l'histoire d'un brigand devenu notable, donc l'histoire d'un homme à double face.

1 commentaire:

Mariana a dit…

"LANG" de bois ....