lundi 3 décembre 2007

L' ANACHRONIQUE DU JOUR



«Les économistes sont présentement au volant de notre société, alors qu’ils devraient être sur la banquette arrière.»

John Maynard KEYNES.

Certes, le discours de Monsieur Keynes fera hurler de rage, ou pire, exploser de rire les aficionados exaltés de l'idéologie dominante.

Pourtant, que ces derniers jettent un oeil un peu plus que furtif dans le rétroviseur de l'histoire. Après la crise boursière et financière de 1929, qui avait été précédée par une décennie d'ultra-libéralisme aux résultats dévastateurs, les autorités américaines firent appel à l'illustre économiste anglais pour redresser une situation jugée désespérée.

Il proposa alors, des solutions inédites et presque hérétiques aux instances financières des USA, la prise du contrôle de l'activité économique par l'état, une idée quasiment révolutionnaire dans le pays de l'ultra capitalisme. Et il y avait de quoi faire. 30% des Américains n'avaient plus de travail, les banques étaient en quasi faillite, l'économie à genoux. A cette époque, la malnutrition et la famine refirent une nouvelle apparition spectaculaire. Relisez Steinbeck. Ceux qui avaient le "bonheur" d'avoir encore un emploi, travaillaient pour des salaires d'esclaves. Keynes collabora avec Franklin D. Roosevelt, qui décréta la politique du New Deal (politique de grands travaux promus par l'état) sur les conseils avisés de l'économiste iconoclaste. Ils mirent en oeuvre l'augmentation de la production par un accroissement significatif du pouvoir d'achat, donc de la consommation. A méditer, non ? Par les innovations structurelles de Keynes et l'interventionnisme actif du gouvernement, l'Amérique se remit enfin sur les rails de la croissance.

Deux enseignements: le tout libéral entraîne fatalement des cataclysmes incontrôlables s'il n'est pas régulé par le politique. Ou comme dirait l'autre, le libéralisme économique, c'est un peu "la liberté du renard dans le poulailler".

Et enfin, pourquoi les "grands" de ce monde ne se basent pas sur des faits connus, tout à fait concrets et malheureusement calamiteux pour le genre humain pour en tirer les enseignements nécessaires ?

L'appât du gain à court terme au mépris de conséquences pourtant largement prévisibles ?


Illustration. Photo extraite du film "BONNIE AND CLYDE" d'Arthur PENN en 1967, avec Faye DUNAWAY et Warren BEATTY.

Aucun commentaire: