mardi 11 décembre 2007

NUMBER 6



"Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !".

Patrick MC GOOHAN, héros culte de la série non moins culte "Le Prisonnier" en 1967.

Pourquoi reparler du "Prisonnier", série déjantée et au message nébuleux, voire obscur en 1967 ?

Tout simplement parce qu'après une vision rétrospective, la série mythique constitue une métaphore absolument visionnaire du monde occidental d'aujourd'hui.

"Le Village" symboliserait la planète mondialisée et les dérives sécuritaires ou la paranoïa ambiante de nos sociétés sous très haute surveillance : dans le feuilleton, les faits et gestes des habitants sont épiés, soumis à une véritable prise de contrôle par de multiples caméras disséminées à foison. Dès que le Numéro 6 tente une évasion du "Village" (dès qu'il ne se soumet plus à son autorité "bienveillante", il est "récupéré"), la norme sociale habilement symbolisée par la "bulle" géante, le remet dans le droit chemin aseptisé de sa prison dorée très anonyme. Lorsqu'il réussit une autre escapade, on le retrouve systématiquement dans un décor similaire, représentant l'uniformité imposée d'un monde à l'aspect unique. Une belle métaphore à propos d'une planète globalisée.

"Le Prisonnier" s'avérait une projection implacablement lucide sur une société effroyablement consumériste et standardisée car ... mondialisée. Les concepteurs avaient-ils imaginé cet état de fait futuriste en 1967 ? L'avait-il anticipé ?

En tous les cas, "The Prisoner" constitue un habile et génial croisement entre Kafka et Orwell, une fable psychédélique d'une intelligence redoutable.




Teasing de "THE PRISONER" en 1967, série diabolique de 17 épisodes, devenue légendaire, et étudiée depuis par un nombre conséquent de sociologues avisés ...

1 commentaire:

Guylaine a dit…

Quand je regardais cette série, je devais avoir 10 ans, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde s'ingéniait à fuir cette si jolie ville où apparemment il n'y avait pas besoin de travailler (si mes souvenirs sont bons) et où tout le monde avait une petite maison et se promenait en vélo ...