mercredi 9 janvier 2008

VERTIGO




L'histoire.

Scottie, ancien policier, est sujet à un irrépressible vertige suite à un grave traumatisme subi dans l'exercice de ses fonctions (la mort d'un de ses collègues qui le culpabilise sans cesse). Un de ses anciens amis à l'allure douteuse lui demande de prendre en filature sa propre femme, possédée selon lui par l'esprit de la mystérieuse Carlotta. Il la suit dès lors dans chacun de ses pas et constate d'étranges habitudes chez elle. A l'occasion d'une tentative de suicide de sa "filature" , Scottie sauve la mystérieuse "réincarnation" et en tombe follement amoureux. Mais la jeune femme va cette fois véritablement réussir à mettre fin à ses jours, se jetant du haut du clocher d'une église. Poursuivi par la justice pour non assistance à personne en danger mais relaxé, Scottie sombre dans une irrémédiable dépression, jusqu'à ce que surgisse dans sa vie une nouvelle "réincarnation" de la jeune desespérée.

Habilement adapté du roman assez médiocre de Boileau et Narcejac "D'Entre les Morts", "Vertigo" ("Sueurs Froides", titre français) constitue un must dans la carrière d'Hitchcock et dans l'histoire du cinéma. Il est d'ailleurs classé parmi les 10 meilleurs films de tous les temps.

Réalisé de main de maître par un artisan au faite de son art, "Vertigo" impressionne par son climat terriblement dramatique, obsédant, et érotique. On frôle à plusieurs reprises l'onirisme ce qui n'est pas vraiment habituel chez Hitchcock, car il semblerait bien que l'Oncle Alfred ait absolument mis toutes ses tripes obsessionnelles dans l'entreprise. Et ses tripes relevaient de la pure névrose. Tout le monde le sait aujourd'hui, Hitch projetait au travers de ses petits chef d'oeuvre, toutes ses obsessions névrotiques et par des scénarios diaboliques ou autres malicieux inserts, ses obsessions sexuelles. D'abord, l'éternel couplet du faux coupable. Le père du cinéaste, anglais rigoriste, n'était pas véritablement un fin psychologue à propos de l'éducation des enfants et traumatisa sérieusement son petit Alfred alors âgé de 10 ans. Un jour ou son gamin s'était mal comporté en classe, il l'emmena au commissariat de police local ou l'on enferma le gamin en cellule pendant 10 minutes. Pour un gosse, une éternité. Et de fait, Alfred fut poursuivi par ce cauchemar toute sa vie ce qui en devint littéralement obsédant. La famille Hitchcock était catholique. Alfred était petit, obèse, disgracieux et vécut une enfance et une adolescence douloureuse. Son catholicisme, très marginal en Angleterre, n'arrangeait pas les choses. Lorsque Hitch débuta sa carrière au cinéma, il rencontra (à 25 ans) la première femme de sa vie, Alma ... pour n'en connaître qu'une !


Lorqu'il présenta le casting de "Vertigo" en 1958, tout le monde fut stupéfait. Pas de beauté froide à la Grace Kelly ou autre future Tippi Heddren. C'était Kim Novak la star du film, le sexe appeal intégral, des seins provocateur, le sexe en cinémascope affiché sur le visage, la provocation dans le geste permanente. Pendant tout le tournage, Kim Novak se vantait continuellement de ne pas avoir besoin de soutien gorge. Ce qui parait-il, énervait bigrement Alfred. Ça n'a pas empêché le réalisateur salace de la filmer visiblement sans sous vêtements durant tout le tournage. Et de fait, ses seins sont spectaculaires durant tout le film. Les querelles entre Kim et Alfred furent parait-il pléthoriques. Et pourtant, Kim Novak doit son plus beau role à Sir Alfred, et n'a jamais été aussi belle que dans "Vertigo". Et si l'Oncle Alfred était si acariâtre durant tout le tournage, c'est tout simplement qu'il en pinçait sérieusement pour Miss Novak, qui le sachant fort bien, accentuait la provocation dans ses propres attitudes ou autres déhanchements suggestifs.

On a souvent parlé de fétichisme à propos de "Vertigo", et selon Hitch, Scottie s'avère un authentique nécropile, un pauvre type amoureux d'une morte qui reconstruit littéralement par subterfuge celle qu'il a aimé au travers d'une autre. Il estimait aussi que l'intrigue de l'histoire n'avait pas en fait grande importance. Ce qui s'avère purement exact au vu du résultat tant le film s'achève brusquement sans trop laisser souffler le spectateur. Par contre, la part belle est laissée aux relations étranges de Scottie avec "ses" femmes, la sensualité et l'érotisme latent (voire patent), au travers de scènes oniriques baignées constamment par d'étranges colorations aux accents psychédéliques : la scène près de l'arbre millénaire, le rêve "hallucinogène" de Scottie, les séquences au musée ...

De fait, "Vertigo" reste une merveille du maître qui fut "regonflée" pendant un temps en 70 mm, adoubée d'une photographie somptueuse et d'un son remis à niveau. Le générique de Saul Bass sert de superbe introduction à cette oeuvre majeure. La musique magnifique créée par Bernard Hermann accompagne la mise en scène et ce climax oppressant à l'érotisme torride. James Stewart y est bouleversant, Kim Novak, une bombe sexuelle ... Avec "Vertigo" débutait une véritable trilogie anthologique du maître anglais. "Vertigo" chef d'oeuvre d'érotisme dramatique, puis "La Mort aux Trousses" ("North by Northwest"), chef d'oeuvre de suspense truculent, et "Psychose", chef d'oeuvre du film de genre et d'horreur presque gore. Trois registres différents voire opposés, trois chefs d'oeuvre à l'état pur. La classe des très grands.

Jamais ensuite, Alfred Hitchcock ne retrouva une forme similaire ...

Tout fan qui se respecte devrait lire dans l'urgence "CONVERSATIONS AVEC ALFRED HITCHCOCK", un dialogue entre François TRUFFAUT et Alfred HITCHCOCK. De la pure magie, au travers 500 questions posées par le cinéaste français au réalisateur britannique. Vous saurez tout sur le cinéma du maitre et de ses anecdotes piquantes.

Vertigo Trailer

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"VERTIGO" d'Alfred HITCHCOCK en 1958, avec James STEWART et Kim NOVAK.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Franckie, dans ton genre, toi aussi tu es un surdoué pour captiver ton public. T'en connais un rayon dis donc.

BP